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Le bilan de la collision entre deux trains en Espagne passe à 64 morts

L'Espagne connaît son pire drame ferroviaire depuis 2013

Des membres des équipes de secours arrivent sur les lieux de la collision entre deux trains à grande vitesse (AVE en espagnol), l'un de Renfe et l'autre d'Iryo, dans la commune d'U ...
Les équipes de secours sur les lieux de l'accident.Image: keystone
Deux trains à grande vitesse sont entrés en collision mercredi au sud de Madrid. Les secours recherchent encore des victimes dans les wagons accidentés.
28.10.2026, 15:2528.10.2026, 19:46
Javier SORIANO et Diego URDANETA / afp

Au moins 68 personnes ont été tuées et 108 autres blessées dans la collision mercredi de deux trains à environ 150 km au sud de Madrid, selon les autorités. Ce bilan provisoire fait de cet accident l'une des pires catastrophes ferroviaires en Espagne après un précédent drame en janvier.

Cet accident meurtrier intervient en pleine campagne pour les législatives du 29 novembre et moins d'un an après, là aussi, une collision entre deux trains à Adamuz, en Andalousie, qui avait fait 46 morts, bouleversant toute l'Espagne.

Sur place, sur la commune d'Urda, un journaliste de l'AFP a vu les trains accidentés, dont visiblement deux voitures avaient déraillé avant de finir en contrebas du talus.

Des ambulanciers, des pompiers, des policiers et des agents de la Guardia Civil étaient affairés autour de la ferraille enchevêtrée, tandis que des hélicoptères survolaient les lieux. Les routes ont été coupées pour faciliter l'accès des nombreux secours et permettre l'évacuation des victimes.

Le Premier ministre Pedro Sánchez, en route pour Urda selon ses services, s'est dit «consterné» sur X. Le roi Felipe VI a déploré «une terrible tragédie».

Un bilan qui pourrait encore s'alourdir

Selon un porte-parole des services d'urgence interrogé par l'AFP, la collision a eu lieu à 8h54 (7h54 GMT) entre deux trains, l'un de la compagnie Iryo et l'autre de Renfe, près de la gare d'Urda, dans la région de Castille-La Manche. Iryo est une compagnie privée détenue à 51% par les chemins de fer italiens FS, tandis que Renfe est la compagnie ferroviaire publique espagnole.

«Nous parlons de 64 morts», dont 40 dans le train Iryo et 24 dans celui de Renfe, a indiqué en début d'après-midi le président régional Emiliano García-Page, lors d'un point presse.«Ce chiffre va probablement encore augmenter», a-t-il averti, avant d'ajouter:

«C'est énorme, c'est monstrueux»

Plus tôt, il avait expliqué que les secours tentaient d'atteindre les parties les plus difficiles d'accès des wagons pour rechercher des survivants. Il avait également fait état de dizaines de blessés, dont certains dans un état grave.

García-Page et la ministre de la Santé, Mónica García, interrogée à la télévision espagnole, ont indiqué ne disposer d'aucune information à ce stade sur les causes de l'accident.

La circulation ferroviaire entre Madrid et l'Andalousie, dans le sud de l'Espagne, est interrompue, a annoncé le gestionnaire du réseau ferroviaire ADIF. Renfe, dont un train reliant Madrid à Séville est impliqué dans l'accident, a indiqué dans un communiqué recueillir des informations pour évaluer l'ampleur du drame.

La campagne électorale bouleversée

Cette tragédie survient à un mois des élections législatives anticipées. Le Parti socialiste (PSOE) de Pedro Sánchez a annoncé la suspension de ses activités de campagne jusqu'à jeudi. Le chef du Parti populaire (PP, droite), Alberto Núñez Feijóo, s'est déclaré sur X «très préoccupé» par ce nouvel accident ferroviaire.

Les 24 matches de Coupe du Roi prévus dans la soirée ont été reportés, selon la Fédération espagnole de football.

À Bruxelles, l'Union européenne s'est dite prête à apporter «toute son aide» aux autorités espagnoles. «L'Europe est aujourd'hui en deuil à vos côtés», a ajouté sur X la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Le président français Emmanuel Macron a exprimé «la solidarité de la France» après ce «terrible drame».

Le deuxième drame ferroviaire de l'année

Avec près de 4000 kilomètres de voies ferrées, le réseau espagnol à grande vitesse est le deuxième du monde, derrière celui de la Chine, et l'une des fiertés du pays.

La collision d'Adamuz, le 18 janvier, également entre deux trains à grande vitesse, avait relancé le débat sur l'entretien du réseau ferroviaire et la sécurité des passagers en Espagne, deuxième pays le plus visité au monde chaque année.

Cet accident avait également suscité de vives critiques de l'opposition de droite et d'extrême droite contre le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez, qui s'était alors engagé à investir 1,8 milliard d'euros pour améliorer la maintenance du réseau.

Avec un bilan encore provisoire, la tragédie d'Urda est la plus grave catastrophe ferroviaire en Espagne depuis le déraillement qui avait fait 80 morts près de Saint-Jacques-de-Compostelle, dans le nord-ouest du pays, en 2013. (afp/mrs)

La collision entre deux trains en Espagne
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La collision entre deux trains en Espagne
source: sda / ismael herrero
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