En France, les lycéens vont retourner dans la rue
Les lycéens et les étudiants français déplorent toujours le manque de mesures concrètes malgré les tentatives d'apaisement du gouvernement. Ils sont appelés à une nouvelle journée de mobilisation jeudi.
Mercredi soir, le premier ministre français, Sébastien Lecornu a tenté de calmer le jeu en s'adressant aux lycéens depuis Matignon, mais n'a annoncé aucune mesure concrète et renvoyé à «fin octobre» pour «les premières décisions». Il a néanmoins déclaré:
Jeudi matin, les cours sont «totalement ou partiellement suspendus» dans 375 établissements scolaires sur les 3700 établissements que compte le pays, a provisoirement décompté le ministère de l'Education nationale.
Le ministère a déclaré:
Devant le lycée Victor et Hélène Basch au nord de Rennes (nord-ouest) où une soixantaine d'élèves se sont rassemblés de bon matin, Hanaa, 18 ans, en terminale s'est dite «déçue et pas convaincue» par les propos du premier ministre.
«C'est une situation urgente», partage à ses côtés Salyna, 17 ans, déplorant que des mesures ne soient pas annoncées avant «fin octobre». Elle a ajouté:
.
Le ministre de l'éducation, Edouard Geffray, doit, lui, se rendre ce jeudi à 9h30 dans un lycée de Reims (nord-est), pour participer à ce «temps lycéen» et de «dialogue». Mardi, ils étaient entre 266 000 à 450 000 à avoir manifesté dans toute la France, sans incidents majeurs.
Les organisations étudiantes et lycéennes, qui avaient alors exhorté à poursuivre la mobilisation, ont reçu mercredi le soutien de plusieurs syndicats de l'éducation qui ont appelé à une journée de grève et de manifestations.
Parmi leurs revendications, les lycéens et étudiants demandent 250 000 places en plus à l'université et la suppression de la sélection par Parcoursup. Pour le ministre de l'enseignement supérieur, demander la suppression de cette plateforme «est d'une immense démagogie».
Depuis mardi, le gouvernement envoie des signes d'apaisement à l'attention des jeunes. Mercredi matin sur X, Sébastien Lecornu avait appelé les élèves à s'exprimer au sein de leurs établissements et sur la plateforme mise en ligne lundi soir pour recueillir leurs doléances.
Il avait aussi confirmé l'organisation d'heures «banalisées» dans les lycées, donc sans cours, pour permettre aux élèves et au personnel de faire remonter leurs difficultés, ce que le principal syndicat de proviseurs refuse de faire, tant que «le climat n'est pas serein».
Plus de grenades dangereuses
De son côté, le ministre de l'intérieur Laurent Nuñez a annoncé la suspension de l'usage des grenades assourdissantes, après qu'un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée lundi à Lens (nord), un événement qui a suscité une vive émotion chez les manifestants et à gauche, où les critiques se sont multipliées contre la doctrine de maintien de l'ordre du gouvernement.
Selon Laurent Nuñez, 18 enquêtes de la «police des polices» ont été ouvertes depuis le début du mouvement. En tout, 215 élèves et 85 membres du personnel de l'éducation ont été blessés, ainsi que près de 800 policiers et gendarmes. (joe/ats/afp)
