La Bulgarie pourrait basculer vers une présidente pro-Moscou
Les Bulgares étaient appelés aux urnes dimanche pour élire leur président. Ce scrutin est marqué par les inquiétudes sécuritaires après une série d'attaques de drones contre des navires marchands en mer Noire, près de leurs côtes.
Les bureaux de vote ont ouvert à 07h00 (06h00 suisses) et doivent fermer à 20h00 (19h00 suisses). La présidente sortante, Iliana Iotova, favorable au dialogue avec Moscou et opposée à l'aide militaire à l'Ukraine, fait figure de favorite de ce scrutin.
Selon quatre sondages publiés depuis mercredi, la dirigeante, qui a fêté ses 62 ans samedi, recueille de 41,1% à 47,3% des intentions de vote, contre 27,8% à 30,6% pour Andrey Gyurov, 50 ans, ex-Premier ministre par intérim soutenu par l'opposition pro-occidentale. Le chef du parti d'extrême droite pro-russe Vazrazhdane (Renaissance), Kostadin Kostadinov, arrive troisième, avec 10,2% à 12,8%.
En cas de victoire, Iotova deviendrait la première femme élue au suffrage universel à la présidence du pays balkanique de 6,4 millions d'habitants. Elle conforterait surtout le Premier ministre Roumen Radev, auquel elle avait succédé en janvier après sa démission pour se lancer dans la bataille des législatives et qui lui aussi prône le dialogue avec Moscou.
Ancienne journaliste et figure du Parti socialiste, elle a siégé au Parlement européen avant d'être élue vice-présidente en 2016 et 2021. Jouant sur la corde patriotique, elle a lancé sa campagne devant l'église d'Or de Veliki Preslav, ancienne capitale du Premier Empire bulgare.
Elle a également multiplié les appels à l'unité nationale et à la lutte contre la pauvreté, et fait de la fin de la guerre en Ukraine un thème central, promettant d'être une «présidente de la paix».
Sans remettre en cause l'appartenance de la Bulgarie à l'Union européenne et à l'Otan, la dirigeante critique la poursuite de l'aide militaire à l'Ukraine et plaide pour des négociations. (tib/ats)
