Après avoir catégoriquement rejeté le scénario d'un gouvernement de gauche, Emmanuel Macron a ouvert mardi un «nouveau cycle de consultations» pour trouver enfin un premier ministre à la France, dans un climat politique de plus en plus tendu.
A la veille de l'ouverture des Jeux paralympiques et à quelques jours de la rentrée scolaire, la France est toujours gouvernée par un exécutif démissionnaire, et ce depuis maintenant plus de 40 jours, du jamais vu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Le chef de l'Etat a repris des consultations dans un contexte très flou avec «ceux qui veulent oeuvrer pour l'intérêt supérieur du pays», a-t-il dit mardi soir:
«L'idée c'est (de trouver) un premier ministre qui incarne un changement de politique et un dépassement de la logique des blocs», indique à l'AFP un proche du président, soulignant une «volonté d'aller assez vite».
Des représentants du parti de droite Les Républicains (LR) doivent être reçus mercredi mais ni l'extrême droite ni l'extrême gauche n'ont été conviées. Certains responsables invités ont refusé d'y participer et des «personnalités» dont les noms n'ont pas été communiqués doivent être consultées, notamment d'anciens présidents.
Ces nouvelles discussions interviennent au lendemain du rejet par Macron d'un gouvernement du Nouveau Front populaire (NFP, l'alliance de gauche arrivée en tête des législatives) et de sa candidate au poste de Premier ministre, la haute fonctionnaire Lucie Castets.
Le président a mis en avant «la stabilité institutionnelle» pour écarter cette option, les autres blocs politiques, du centre jusqu'à l'extrême droite, ayant tous promis de censurer un gouvernement dont le programme, très à gauche, est jugé «dangereux».
Mais la décision présidentielle, annoncée lundi soir dans un long communiqué, a provoqué la colère du NFP, qui hurle au «déni de démocratie».
Arrivée en tête des législatives de juillet, la coalition de gauche ne dispose pas d'une majorité absolue à l'Assemblée nationale. Mais les deux autres blocs du camp présidentiel et de l'extrême droite sont encore moins bien lotis, rendant la recherche de compromis extrêmement complexe.
Le chef de l'Etat n'a plus beaucoup de temps pour choisir un premier ministre, puisqu'un budget doit être présenté le 1er octobre à l'Assemblée.
Et à court terme, son agenda est bien rempli. Emmanuel Macron doit ouvrir mercredi soir les Jeux paralympiques, avant de s'envoler jeudi après-midi pour la Serbie. (jch/ats)