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Des milliers d'enfants amérindiens ont été maltraités aux Etats-Unis

Membre de la tribu Laguna Pueblo du Nouveau-Mexique, Deb Haaland est la première ministre amérindienne de l'Histoire des Etats-Unis.
Membre de la tribu Laguna Pueblo du Nouveau-Mexique, Deb Haaland est la première ministre amérindienne de l'Histoire des Etats-Unis.Image: sda
La ministre avait lancé une grande enquête en 2021 après la découverte au Canada de sépultures anonymes d'enfants autochtones sur les sites d'anciens pensionnats gérés par l'Eglise catholique.
12.05.2022, 05:5412.05.2022, 08:04

Coupés de leur famille et de leur culture, des «dizaines de milliers» d'enfants des communautés autochtones des Etats-Unis ont été assimilés de force, pendant 150 ans, dans des pensionnats gérés par l'Etat fédéral. Ils y étaient victimes de mauvais traitements, selon un rapport publié mercredi.

«Alors que le gouvernement fédéral faisait avancer le pays vers l'Ouest, il exterminait, éradiquait et assimilait les Amérindiens ainsi que les natifs d'Alaska et de Hawaï, leurs langues, cultures, religions, pratiques traditionnelles et même l'histoire de nos communautés»
Deb Haaland, la ministre de l'Intérieur qui gère les Affaires indiennes

La ministre d'origine amérindienne présentait un premier rapport d'une centaine de pages sur le «système fédéral de pensionnats pour Indiens», un réseau de milliers d'écoles géré par le gouvernement ou des institutions religieuses entre 1819 et 1969. Il avait «un double objectif d'assimilation culturelle et de spoliation des territoires des peuples autochtones», selon un communiqué.

«Pendant plus d'un siècle, des dizaines de milliers d'enfants ont été séparés de leurs communautés»
Deb Haaland

Châtiments corporels

Le «système fédéral de pensionnat pour Indiens» a totalisé 408 écoles situées dans 37 Etats et territoires américains, dont 21 écoles en Alaska et sept à Hawaï, précise le rapport compilé par le bureau des Affaires indiennes:

  • Il a déployé des méthodes systématiques militarisées d'altération d'identité pour tenter d'assimiler, à travers l'éducation, les enfants de ces communautés amérindiennes, notamment en leur donnant un nom anglophone ou en leur coupant les cheveux.
  • Les écoles décourageaient ou empêchaient les enfants de parler leur langue et se concentraient sur l'enseignement technique;
  • Ou sur du travail manuel avec des perspectives d'emplois souvent sans rapport avec l'économie industrielle américaine, perturbant encore plus les économies tribales.

Dans ces établissements, le règlement était souvent appliqué au moyen de punitions corporelles comme la flagellation, les coups et les entraves, ou encore le placement à l'isolement et la privation de nourriture, explique le rapport, ajoutant que les enfants plus âgés étaient forcés à punir les plus jeunes.

«Beaucoup d'enfants ne sont jamais revenus chez eux, chacun d'entre eux est un membre disparu de la famille»
Deb Haaland

Des sites de sépultures, identifiées ou anonymes, ont ainsi été découverts près de 53 pensionnats. Environ 19 de ces établissements «comptent pour plus de 500 morts d'enfants amérindiens, natifs d'Alaska et de Hawaï», selon le rapport.

«Processus de guérison»

Le bureau va poursuivre son enquête pour déterminer le nombre total d'enfants ayant intégré ces écoles et le nombre total de sépultures dans le pays, puis identifier les enfants enterrés sur ces sites, a expliqué le ministre chargé des Affaires indiennes, Bryan Newland:

Les autorités, qui poursuivent leur enquête, s'attendent à découvrir des milliers ou des dizaines de milliers de victimes. Outre les pensionnats, il y avait des asiles, des orphelinats, des dortoirs et des pensionnats non-fédéraux.

Deborah Parker, responsable au sein de l'organisation amérindienne NABS, qui enquête sur ces pensionnats, a affirmé qu'elle continuerait de se battre:

«Jusqu'à ce que les Etats-Unis répondent entièrement du génocide commis contre les enfants améridiens»

Le Congrès national des Amérindiens (NCAI), principale organisation des nations tribales, a salué un rapport qui «marque une nouvelle ère de prise de responsabilités du gouvernement fédéral». Mais, a-t-il ajouté dans un communiqué, il reste encore beaucoup à faire pour «la vérité, la justice et la réconciliation».

«Ce rapport n'est pas la fin du voyage, c'est le début d'un «processus de guérison dans ce pays»
Bryan Newland

Deb Haaland a elle souligné avoir le soutien du président Joe Biden. «Nous avons un gouvernement et un président qui comprend parfaitement les devoirs des Etats-Unis envers les tribus indiennes», a-t-elle dit. (ats/jch)

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