Barcelone interpelle 128 personnes après des pillages de magasins
Cent vingt-huit personnes, dont des mineurs, ont été arrêtées à Barcelone dans la nuit de samedi à dimanche pour des dégradations et le pillage d'une vingtaine de magasins. Ces faits évoquent, à une échelle moindre, les incidents autour des manifestations du 17 octobre en France.
Des vidéos abondamment relayées sur les réseaux sociaux montrent des groupes d'individus, dont beaucoup habillés tout en noir, courir dans les rues de Barcelone et s'attaquer à des commerces après s'être réunis sur une grande place du centre-ville, dans le cadre d'un rassemblement non déclaré en amont aux autorités.
Au total, parmi les individus arrêtés, 73 sont mineurs, a détaillé Sílvia Catà, la patronne des Mossos d'Esquadra, la police catalane, au média 3CatInfo, précisant que ses services étaient actuellement «en train de rédiger les procès verbaux pour les transmettre au parquet des mineurs, et, d'autre part, au tribunal compétent» pour les majeurs.
Selon elle, seules deux personnes interpellées avaient «des antécédents judiciaires» et 14 agents des Mossos, ainsi qu'un membre de la Guardia Urbana, ont été «blessés» au cours de la nuit, durant laquelle 23 commerces ont été vandalisés.
«Violence gratuite»
«C'est de la violence gratuite», a-t-elle dénoncé, précisant que ses services cherchaient désormais à «analyser le profil» des personnes interpellées, «totalement désorganisées» mais qui se sont donné le mot «sur les réseaux sociaux», d'après elle.
Tard samedi soir, les Mossos avaient «recommandé» à la population «de ne pas s'approcher» de la zone autour de la grande place Catalogne, au coeur de la ville, où «des groupes violents de personnes le visage couvert brûlent des conteneurs, vandalisent le mobilier urbain et lancent des pierres contre la police».
Ces faits se sont produits une semaine après les nombreux pillages survenus en France le 17 octobre en marge d'une journée de manifestation émaillée de violents incidents. Samedi, de nouvelles manifestations massives ont eu lieu en France, mais elles se sont déroulées globalement dans le calme.
Condamnations politiques
De l'autre côté des Pyrénées, les réactions politiques ont afflué ces dernières heures face à ces actes inhabituels pour l'Espagne.
«La violence n'a pas sa place en Catalogne. Jamais», a tonné sur X le président régional de la Catalogne, Salvador Illa, demandant que les émeutiers «payent» pour leurs actes.
En pleine campagne pour les élections législatives du 29 novembre, le chef de l'opposition de droite, Alberto Núñez Feijóo, a appelé à «un changement» pour l'Espagne «qui naisse dans les urnes, avec liberté et respect».
«La coexistence exige de la responsabilité et de ne pas nourrir ceux qui la mettent en danger», a-t-il ajouté sur X.
Santiago Abascal, le patron du parti d'extrême droite Vox, a de son côté accusé «les milices de (Pedro) Sánchez» de «détruire tout ce qu'elles peuvent, de Ceuta à Barcelone», en référence à la crise migratoire qui a secoué cet été cette enclave espagnole située en Afrique du Nord. (tib/ats)
