Plusieurs centaines de milliers de personnes dans les rues en France
Plusieurs centaines de milliers de personnes ont manifesté globalement dans le calme samedi dans plusieurs villes françaises pour défendre le pouvoir d'achat et réclamer de meilleurs services publics, avec des tensions en fin de cortège, mais bien loin des violences qui avaient entaché la mobilisation de la semaine dernière.
Ne voulant pas revoir les images d'affrontement, d'incendies, de pillages par des hordes de casseurs qui ont fait le tour du monde, les autorités ont mobilisé 70 000 policiers et gendarmes, soit près de 20% de plus que la semaine précédente, pour ce deuxième acte.
Des débordements en fin de cortège
Au total, la CGT a comptabilisé 800 000 manifestants dans le pays, autant qu'une semaine plus tôt, dont 250 000 à Paris. De son côté, le ministère de l'Intérieur a dénombré 410 000 manifestants samedi, contre 550 000 la semaine dernière.
Des heurts ont éclaté en fin de manifestation à Paris et «plus de 500 casseurs» s'en sont pris aux forces de l'ordre, a indiqué la préfecture de police. Celle-ci a précisé en début de soirée que la manifestation était désormais «entièrement dispersée».
Dans la capitale, où 110 000 personnes ont défilé entre la Porte d'Italie et celle de Vincennes, un engin lanceur d'eau et du gaz lacrymogène ont ainsi été utilisés pour disperser la manifestation, après une après-midi sans incident majeur. Le ministre de l'intérieur a du reste indiqué en fin de journée que «les cortèges se sont bien passés».
Dans la foule, les slogans contre la vie chère ou la dégradation des services publics sont accompagnés désormais de revendications sur les interdictions de manifester, les périmètres interdits et les tracés revus sur décision des préfectures.
Quelques dégâts ailleurs en France
A Marseille, des échauffourées ont éclaté un peu avant 17 heures à la porte d'Aix, point d'arrivée de la manifestation. Les CRS ont notamment mené des charges pour disperser quelques dizaines de personnes, principalement vêtues de noir, leur jetant des projectiles et un conteneur à poubelle a été incendié.
A Lille, ce sont lacrymogènes, grenades de désencerclement et canons à eau qui ont été employés pour mettre un terme au rassemblement à son arrivée et, à Grenoble, près de 400 individus masqués ont commis des dégradations et attaqué les forces de l'ordre à coups de mortiers et de projectiles, selon la préfecture.
En différents endroits, des groupes «se sont détachés» des cortèges «et ont cherché à commettre des exactions» principalement contre les forces de l'ordre, a expliqué le ministre de l'Intérieur. «Les forces de sécurité intérieures ont été aujourd'hui encore confrontées à un niveau de violence extrêmement élevé», a-t-il ajouté.
A travers le pays «deux personnes ont été grièvement blessées», à Clermont-Ferrand et à Toulouse, a expliqué Laurent Nuñez. Un jeune homme a également été blessé à un oeil à Poitiers. Tout en déplorant toutefois «quelques dégradations ou pillages» de commerces «dans certaines villes, en nombre très limité», le ministre a indiqué:
Interdictions et validations se croisent
A travers la France, plusieurs cortèges initialement interdits ont finalement été validés par les tribunaux administratifs. Des interdictions ont cependant persisté à Nancy, Metz, Besançon, Belfort, Rouen, Le Havre ou Toulon.
Les cortèges ont aussi parfois pris une dimension politique. La secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, et le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, figuraient ainsi dans le défilé parisien. «Il est temps de céder», a lancé ce dernier à l'attention du chef de l'Etat.
Une hausse des interpellations
Les pouvoirs publics craignaient de nouvelles violences semblables à celles ayant émaillé le premier week-end de mobilisation et le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, avait promis un dispositif massif, avec 70 000 policiers et gendarmes mobilisés samedi.
En début de soirée, le ministre a indiqué qu'un millier d'interpellations avaient déjà eu lieu, soit une nette hausse par rapport au samedi précédent puisque seules 385 interpellations avaient eu lieu à 19 heures:
Militaires de la force Sentinelle, unités d'élite de la police et de la gendarmerie, comme le Raid ou le GIGN, hélicoptères et blindés ont été déployés. Dans la capitale, des véhicules blindés Centaure ont été placés à proximité de l'Assemblée nationale et de l'Elysée. (btr/ats/afp)
