Trump convoite une nouvelle île d'importance stratégique
Les négociations concernant l'archipel des Chagos durent depuis longtemps. Il était initialement prévu que le Royaume-Uni le restitue à Maurice. Mais l’île de Diego Garcia abrite une base militaire commune aux Etats-Unis et au Royaume-Uni et elle devrait donc rester sous contrôle britannique pendant encore 99 ans.
Les Britanniques auraient versé plusieurs milliards à cet effet. Cependant, ils ne souhaitent signer un accord qu’avec le soutien des Etats-Unis.
Or, ces derniers s'y sont opposés et Trump a qualifié l'accord d'«acte d'une grande stupidité». En effet, le Royaume-Uni avait dans un premier temps refusé d'autoriser les Etats-Unis à lancer des attaques contre l'Iran depuis cette base. Aujourd’hui, Trump va encore plus loin. Comme le rapporte le Telegraph, il envisage d’acheter les îles Chagos. C’est le ministre américain des finances, Scott Bessent, qui lui aurait soufflé cette idée, selon des sources proches du gouvernement citées par le Telegraph.
La crainte des espions chinois
Il est à noter que Donald Trump ne peut pas si facilement se lancer dans l'achat d'une telle île. Il devrait, pour ce faire (et en premier lieu) approuver l'accord qu'il a pourtant diabolisé. Puis il devrait négocier directement avec Maurice. Car, avant tout achat potentiel, la souveraineté des îles devrait être rétablie.
Et c'est précisément pour cette raison qu'un achat n'était jusqu'ici pas la priorité des Etats-Unis. Si les îles Chagos devaient revenir à Maurice, pays proche de la Chine, le gouvernement craint que cela ne renforce les activités d'espionnage chinoises autour des îles.
La base abrite des installations importantes et très secrètes, explique au Telegraph Ben Judah, conseiller de l'ancien ministre britannique des affaires étrangères David Lammy. Diego Garcia revêt actuellement une importance particulière pour les Etats-Unis: depuis la base que l'île abrite, l'Iran est à portée d'attaques par bombardiers à long rayon d'action.
L'inverse est toutefois aussi vrai. En mars, l'Iran a attaqué l'île avec des missiles balistiques. Les installations n'ont cependant pas été touchées. (vro)
