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Ils écrivent sur Trump et Air Force One et finissent en justice

L'avion présidentiel offert par le Qatar, ici escorté par des avions de chasse. Il semblerait qu'il y ait des préoccupations en matière de sécurité sur l'appareil. (Photo d'archive ...
L'avion présidentiel offert par le Qatar, ici escorté par des avions de chasse. Il semblerait qu'il y ait des préoccupations en matière de sécurité sur l'appareil. (Photo d'archive)Image: IMAGO / Ssgt. Lauren Diaz / Us Air

Air Force One: Trump accusé «d'empêcher le public de savoir ce qui se passe»

Donald Trump a changé d'avion lors du sommet de l'Otan pour cause de «préoccupations de sécurité», ont écrit des journalistes. Ces derniers sont désormais convoqués par la justice américaine.
13.07.2026, 14:5813.07.2026, 14:58
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t-online

Le président américain Donald Trump avait vanté l'avion Boeing transformé, offert à son pays par l'émirat du Qatar, comme «l'avion le plus luxueux du monde» et un «Maison-Blanche volante». Mais, après le sommet de l'Otan en Turquie, Trump a laissé l'appareil prestigieux au sol et a utilisé un avion de remplacement de son ancienne flotte d'Air Force One.

Cependant, les spéculations sur les raisons de ce choix, ainsi que les articles publiés à ce sujet par le New York Times, ne semblent manifestement pas plaire au président américain.

Jay Clayton.
Jay Clayton.Image: Imago

Mercredi prochain, la justice entend interroger les journalistes du New York Times à ce propos. Le procureur fédéral de Manhattan Jay Clayton, qui dépend du ministère de la justice, a demandé à plusieurs journalistes de témoigner devant un grand jury, a indiqué le journal samedi. Le ministère a, toutefois, affirmé que le gouvernement ne visait pas les journalistes en tant que tels, mais s'inquiétait de la divulgation d'informations classifiées.

Une décision en lien avec la guerre en Iran

Pour le vol aller vers le sommet de l'Otan à Ankara, Donald Trump avait encore utilisé le cadeau du Qatar. A l'occasion du premier vol à l'étranger du nouvel avion présidentiel, il avait salué ce Boeing 747 réaménagé comme «vraiment extraordinaire». Mais, après le sommet, mercredi dernier, le président a pris un ancien appareil d'Air Force One et a laissé l'avion offert rejoindre sans lui la base aérienne britannique de Mildenhall (sud-est). Ce n'est qu'à cet endroit qu'il est remonté à bord.

Au départ d'Ankara, Trump avait d'abord démenti toute menace en lien avec ce changement d'avion. Après être remonté, au Royaume-Uni, dans l'appareil offert par le Qatar, il a, toutefois, évoqué de présumés projets d'assassinat iraniens le visant. Il a résumé:

«Je suis le numéro un sur la liste des personnes à abattre»

En vol, Trump a expliqué aux journalistes que ceux-ci avaient probablement reçu pour consigne de fermer les hublots au départ d'Ankara, car ils se trouvaient, en raison de la menace iranienne, «dans un avion dangereux».

Un manque d'équipements de défense et de sécurité

Le New York Times est revenu dans les jours suivants sur les raisons de ce choix. Selon le journal, l'appareil fourni par le Qatar ne serait pas équipé des mêmes systèmes de sécurité que les précédents avions présidentiels américains. Il lui manquerait notamment des équipements de défense contre les attaques, comme des missiles défensifs.

Le président américain Donald Trump, ici lors d'une conférence de presse au sommet de l'Otan d'Ankara. Il semble prendre les menaces de l'Iran au sérieux.
Le président américain Donald Trump, ici lors d'une conférence de presse au sommet de l'Otan d'Ankara. Il semble prendre les menaces de l'Iran au sérieux.Image: Imago

Le New York Times et d'autres médias américains ont ajouté que ce changement d'avion avait eu lieu sur recommandation du Secret Service, chargé de la sécurité du président américain. Cette décision est intervenue en pleine tension avec l'Iran, pays frontalier de la Turquie, hôte du sommet de l'Otan.

Toujours selon le New York Times, la Maison-Blanche a directement chargé le directeur du FBI, Kash Patel, de diriger les investigations. Vendredi, on s'interrogeait encore sur les raisons pour lesquelles Kash Patel avait dû annuler un déplacement prévu à Chicago et avait été rappelé à la Maison-Blanche. Selon le journal, il aurait entamé les investigations depuis la résidence du président et non depuis le siège du FBI. Il aurait, par ailleurs, informé de hauts responsables du gouvernement de l'existence de ces investigations.

FBI Director Kash Patel, right, and Acting Attorney General Todd Blanche announce that former FBI Director James Comey has been indicted, at the Justice Department in Washington, Tuesday, April 28, 20 ...
Le directeur du FBI, Kash Patel.Keystone

L'intervention de la justice pointée du doigt

Le fait que la justice ait, suite à ces révélations, convoqué des journalistes agace l'avocat du New York Times, qui souligne:

«Il faut comprendre cet acte éhonté comme une tentative d'empêcher le public de savoir ce qui se passe dans ce pays, en intimidant des journalistes pour qu'ils ne fassent pas leur travail.»

Le journal est régulièrement visé par le gouvernement américain, qui multiplie critiques acerbes, menaces et poursuites contre les médias qui lui déplaisent.

Le National Press Club, l'association des journalistes de la capitale américaine, a exhorté le ministère de la justice à retirer immédiatement ces convocations. Selon l'association, de telles méthodes constituent une «attaque extraordinaire contre la liberté de la presse» et d'une violation de la Constitution.

Le Reporters Committee for Freedom of the Press a appelé la commission du renseignement du Sénat américain à demander des comptes à Jay Clayton lors d'une audition prévue mercredi. Jay Clayton doit comparaître devant cette commission, Trump l'ayant récemment nommé nouveau coordinateur du renseignement (Director of National Intelligence).

Pour le président du conseil d'administration du Committee for Freedom of the Press, Stephen J. Adler, le constat est sans appel:

«Si le droit du public à l'information est mis à mal, comme le gouvernement Trump tente de le faire avec ses convocations visant le New York Times, nous subissons tous un préjudice irréparable, tout comme la liberté sur laquelle cette nation a été bâtie.»

Accusation de corruption

L'avion offert aux Etats-Unis par le Qatar, d'une valeur de 400 millions de dollars (environ 324 millions de francs), fait débat aux Etats-Unis depuis sa révélation en mai 2025. Dès le départ, des préoccupations de sécurité avaient été exprimées, le Qatar ayant par le passé soutenu des groupes islamistes, tels que le Hamas. L'opposition a par ailleurs accusé Trump de corruption. Le président américain a toutefois balayé ces critiques.

Son directeur de la communication, Steven Cheung, a assuré vendredi à l'agence de presse AFP que l'Air Force One offert était «un avion ultramoderne, équipé de procédures de sécurité du plus haut niveau, garantissant la protection du président et de ses collaborateurs». (trad. ysc)

Le président américain rencontre l'émir du Qatar (à gauche) et le premier ministre du pays, Sheki Mohammed bin Abdulrahman, à bord d'Air Force One.
Le président américain ici en compagnie de l'émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani (à gauche) et du premier ministre du pays, Sheki Mohammed bin Abdulrahman, à bord d'Air Force One.Image: Mark Schiefelbein / AP / dpa
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source: corbis news / view press
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