International
Etats-Unis

Sommet de l'Otan: ce que Trump a dit à Ankara

President Donald Trump speaks during a media conference at the NATO summit in Ankara, Turkey, Wednesday, July 8, 2026. (AP Photo/Emrah Gurel)
Donald Trump
Donald Trump a soufflé le chaud et le froid à Ankara. Keystone

«Beaucoup d'amour» mais «pas content»: ce que Trump a dit à Ankara

Le président américain a été sans surprise l'acteur central du sommet de l'Otan en Turquie. Après avoir d'abord critiqué ses alliés, il a fini par adoucir le ton et même autorisé l'Ukraine à produire des missiles Patriot.
09.07.2026, 08:2009.07.2026, 08:35

«Beaucoup d'amour dans la pièce», selon Donald Trump: les alliés de l'Otan ont affiché leur unité mercredi à Ankara, à l'issue d'un sommet au cours duquel le président américain a alterné virulentes attaques et un ton extraordinairement conciliant.

Dans leur déclaration finale, tous les pays de l'Alliance ont réaffirmé leur engagement «indéfectible» envers la clause d'assistance mutuelle, consacrée par l'article 5 du Traité de l'Atlantique nord, pierre angulaire de l'organisation. «Une attaque contre un Allié est une attaque contre tous», rappelle le texte.

Sur l'Ukraine, les 32 pays de l'Otan réaffirment également leur soutien sans faille à ce pays en guerre contre la Russie, qui, affirment les Alliés, «contribue à la sécurité transatlantique». «Je retourne en Allemagne avec le sentiment que (...) l’Otan reste unie, qu’elle devient plus forte et plus européenne», a résumé le chancelier allemand Friedrich Merz.

👉Notre suivi en direct de la guerre en Ukraine👈

«Il y avait beaucoup d'amour dans la pièce, beaucoup d'unité», a lancé de son côté le président américain. «Tout était magnifique», a-t-il ajouté, louant son hôte turc Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis plus de deux décennies, un «grand leader (...) très puissant».

Trump calme le jeu sur l'Espagne

«Nous voulons rester avec vous», avait-il affirmé un peu plus tôt à ses homologues lors de la réunion à huis-clos, selon une source y ayant participé. Un ton apaisé qui rappelle celui du précédent sommet à La Haye en 2025 où Donald Trump avait célébré un «succès monumental» après l'engagement des pays à consacrer au moins 5% de leur produit intérieur brut à leur sécurité. Mais une position qui contraste de manière saisissante avec ses propos quelques heures plus tôt lorsqu'il avait ressassé des critiques anciennes.

«Je ne suis pas content de l'Otan parce qu'ils n'ont pas voulu nous aider face au principal Etat qui soutient le terrorisme, à savoir l'Iran», avait-il lancé. Il avait aussi exprimé sa frustration de ne pas avoir pu s'emparer du Groenland, ce qui constitue un «grand problème» à ses yeux.

«Le Groenland est très important pour les Etats-Unis, mais n'est pas important pour le Danemark»
Donald Trump

Concernant l'Espagne, que Donald Trump avait qualifiée de «cause perdue» et accusée de ne pas participer aux dépenses de défense de l'Otan, il a assuré à bord d'Air Force One, en route vers les Etats-Unis, que le pays avait «opéré un revirement aujourd'hui» et s'était montré «très généreux». «Ils ont honoré une demande de plusieurs paiements», a affirmé le président américain devant la presse, ajoutant que «s'ils ne l'avaient pas fait, nous n'aurions même pas discuté avec eux».

Plus tôt, le premier ministre espagnol Pedro Sánchez avait assuré avoir eu un échange «courtois» avec le milliardaire républicain, louant les relations «très positives» entre l'Espagne et les Etats-Unis.

Mark Rutte veut maintenir «l'unité»

«Je suis là pour préserver l'unité, ou du moins faire de mon mieux pour maintenir l'unité de l’Alliance», a expliqué de son côté le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte à l'issue du sommet. «Et cela signifie que, lorsqu’il y a des discussions ou parfois des sujets de friction entre Alliés, je n’en fais pas de commentaires en public».

«Il y a un engagement complet» des Etats-Unis au sein de l'Otan, a-t-il martelé, saluant le rôle joué par Donald Trump depuis son retour au pouvoir.

epa13098179 NATO Secretary General Mark Rutte speaks during a press conference at the 2026 NATO Summit in Ankara, Turkey, 08 July 2026. The NATO Summit takes place from 07-08 July. EPA/GEORGI LICOVSKI
Mark RutteKeystone

Chiffres et graphiques à l'appui, le secrétaire général de l'Otan s'efforce depuis des mois de démontrer à Donald Trump que les engagements des pays membres sont suivis d'actes. Et que ses appels à un meilleur partage du fardeau ne restent pas vains.

L'Ukraine pourra fabriquer des Patriot

Le consensus est là: l'Alliance doit devenir beaucoup plus européenne et un peu moins américaine. Mais le chantier est immense et complexe. Et les coups de pression de Washington créent un climat difficile.

Sur l'Ukraine, le tête-à-tête du président américain avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky a été scruté avec attention, quelques jours après une «très bonne conversation» avec le Russe Vladimir Poutine.

epa13098346 A handout photo made available by the Presidential Press Service shows Ukrainian President Volodymyr Zelensky (L) meeting with US President Donald Trump (R) on the sidelines of the 2026 NA ...
Volodymyr Zelensky et Donald TrumpKeystone

Donald Trump a annoncé qu'il allait autoriser Kiev à fabriquer des missiles Patriot, indispensables pour intercepter les missiles balistiques russes qui frappent l'Ukraine. Il a par ailleurs estimé que les frappes ukrainiennes dans la profondeur en Russie, si elles constituaient une «escalade», pourraient in fine, «aider» à mettre fin à la guerre.

Le prochain sommet de l'Otan aura lieu en Albanie. Mais il n'est pas certain qu'il ait lieu l'an prochain. De sources diplomatiques, on estime qu'il pourrait être prudent d'espacer les sommets, en particulier pour éviter les possibles colères de Donald Trump. (jzs/afp)

La FIFA s’est-elle écrasée devant Donald Trump?
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
1 Commentaire
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
1
La gauche américaine renie ses excès pour défier Trump
«Le mouvement woke 1.0 était complètement fou.» Cette punchline lâchée par la star progressiste Alexandria Ocasio-Cortez est le point culminant d’un étrange manège: faire oublier les errances progressistes avant les midterms et l’élection présidentielle de 2028. Sincère ou non, cette mue est un signal.
Désarmer et désargenter la police, abandonner tout contrôle aux frontières, annuler Noël et Thanksgiving, purifier les esprits au Kärcher, interdire des bouquins et des cours, chasser les étudiants et les profs non progressistes des campus, ruiner la vie d’un chauffeur routier mexicain pour un geste attribué au suprémacisme blanc alors qu’il ne faisait que craquer ses doigts au volant de son camion. Ces sept dernières années, en marge des sérieux électrochocs sociaux comme #metoo ou Black Lives Matter, l’extrême gauche américaine a dépassé les bornes.
L’article