Cet ex-athlète olympique aurait saboté le bassin de Trump
Un ancien athlète olympique américain brièvement interpellé en juin près de l'immense bassin jouxtant le Lincoln Memorial à Washington, rénové sous l'impulsion du président Donald Trump, a été inculpé jeudi de dégradation de propriété publique, passible de dix ans de prison.
Le 22 juin, Donald Trump, qui impute à des actes de «vandalisme» la succession de problèmes que connaît ce projet, avait menacé leurs auteurs de peines de prison, après plusieurs interpellations effectuées par la police des parcs nationaux. Parmi les personnes interpellées figurait David Hearn, 67 ans, qui a représenté les Etats-Unis en canoë aux JO de 1992, 1996 et 2000.
«Aujourd'hui un grand jury a délivré un acte d'accusation contre David Hearn pour destruction criminelle, pour laquelle il encourt dix ans de prison», a déclaré la procureure fédérale de la capitale, Jeanine Pirro, lors d'une conférence de presse. Les faits se sont produits le 19 juin, a-t-elle précisé, ajoutant que selon des témoignages d'employés du Service des parcs nationaux, David Hearn aurait «violemment tiré et enlevé le revêtement du fond du bassin avec ses deux mains».
David Hearn «est innocent. Ces accusations sont scandaleuses et devraient inquiéter tout Américain», ont réagi ses avocats dans un communiqué, dénonçant une «tentative de l'administration de rejeter la faute de ses propres échecs». Parmi les autres personnes arrêtées, une demi-douzaine pourraient être poursuivies pour délit ou se voir délivrer une contravention, a indiqué la procureure.
Une série de problèmes depuis la rénovation
David Hearn avait déjà lui-même donné en juin sa version des faits au Washington Post. «J'ai tendu la main et j'ai pu saisir l'extrémité de ce morceau qui pendait, ce morceau qui s'écaillait déjà. Il était encore attaché au fond. Je n'ai rien retiré», avait-il dit, affirmant avoir ensuite été encerclé par deux militaires de la Garde nationale puis interpellé par des agents de la police des parcs nationaux pour dégradation de bien public.
Infestation d'algues, peinture qui se décolle, coloration verdâtre: ce gigantesque miroir d'eau, site emblématique de la capitale américaine, accumule les problèmes depuis la rénovation décidée par Donald Trump. Loin d'en assumer la responsabilité, l'ancien promoteur immobilier a dénoncé de prétendus «saboteurs» qui auraient entaillé le revêtement du bassin ou déversé de l'engrais dans l'eau. (jzs/ats/afp)
