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Groenland: l'UE ne compte pas se laisser faire

European Council President Antonio Costa, center, and European Commission President Ursula von der Leyen, left, address a media conference at the end of the EU summit in Brussels, Friday, Jan. 23, 202 ...
António Costa, président du Conseil européenKeystone

Groenland: l'UE ne compte pas se laisser faire

Malgré la récente accalmie, le président du Conseil européen António Costa appelle à vigilance face à l'appétit de Donald Trump sur le Vieux Continent.
23.01.2026, 07:3023.01.2026, 07:30

L'UE va continuer à «défendre ses intérêts» contre «toute forme de coercition», a assuré vendredi le président du Conseil européen António Costa. Les Européens s'étaient réunis en urgence pour trouver la parade en cas de nouvelles provocations du président américain.

Après plusieurs semaines d'«escalade» et de «menaces» sur le Groenland, «nous sommes revenus à une situation beaucoup plus acceptable» dans la relation transatlantique, a estimé le président français Emmanuel Macron à Bruxelles. Mais il faut rester «vigilant», a-t-il affirmé à Bruxelles, appelant les Etats-Unis à «respecter» l'Europe.

Rudoyés par le président américain Donald Trump depuis son retour au pouvoir il y a un an, les Vingt-Sept ont entamé 2026 dans un état de sidération, confrontés à l'hypothèse que leur allié historique puisse recourir à la force pour s'emparer du territoire autonome danois. Si le milliardaire a, pour l'heure, écarté ce scénario et renoncé à imposer de nouveaux droits de douane contre plusieurs pays européens, après un «cadre» d'accord conclu mercredi au Forum économique mondial (WEF) à Davos (GR), les dirigeants de l'UE appellent tous à la prudence.

La «ligne rouge» du Groenland

A l'issue du sommet extraordinaire de jeudi, ils ont salué la décision de Donald Trump de revenir sur ses menaces de droits de douane. Mais «on reste à un tweet près de la prochaine crise», avertit un diplomate européen s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Peu de détails ont fuité sur ce qui a été conclu à propos du Groenland au cours d'une réunion mercredi entre le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte et Donald Trump. Moi-même, «je ne sais pas ce que contient exactement l'accord concernant mon pays», a déploré jeudi le premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen, pendant une conférence de presse à Nuuk, la capitale du Groenland. Mais la souveraineté et l'intégrité territoriale de cette île constituent une «ligne rouge», a-t-il répété.

Prime Minister of Greenland Jens-Frederik Nielsen speaks to journalists at a press conference in Nuuk, Greenland, on Thursday, Jan. 22, 2026. (AP Photo/Evgeniy Maloletka)
Greenland US
Jens-Frederik NielsenKeystone

Une source au fait des discussions a assuré que les Etats-Unis et le Danemark allaient notamment renégocier leur accord de défense sur le Groenland datant de 1951.

«Sérieux doutes» sur le Conseil de paix

A Bruxelles, la première ministre danoise Mette Frederiksen n'a pas souhaité entrer dans le détail de ces discussions. Mais tous les pays de l'OTAN sont d'accord pour une présence permanente de l'alliance militaire dans l'Arctique et autour du Groenland, a-t-elle souligné.

La dirigeante danoise doit s'entretenir vendredi matin avec Mark Rutte, un des architectes de ce «cadre» d'accord qui a fait reculer Donald Trump.

Denmark's Prime Minister Mette Frederiksen speaks with the media as he arrives for the EU summit in Brussels, Thursday, Jan. 22, 2026. (AP Photo/Omar Havana)
Mette Frederiksen
Mette FrederiksenKeystone

Les Vingt-Sept ont exprimé jeudi soir leurs «sérieux doutes» sur le Conseil de paix créé par le président américain, en particulier sur sa compatibilité avec l'ONU, a relaté le président du Conseil européen António Costa. Il a assuré que l'UE disposait des «outils nécessaires» pour défendre ses intérêts et se protéger contre «toute forme de coercition». «Elle le fera si et quand cela sera nécessaire», a-t-il martelé.

«Elle le fera si et quand cela sera nécessaire»
António Costa

Le «bazooka» de l'UE

Plusieurs responsables européens arguent que la promesse d'une réaction forte de l'UE et de l'utilisation de son arsenal commercial, y compris l'outil anti-coercition comparé par certains à un «bazooka», a poussé Donald Trump à changer de pied sur le Groenland.

«La fermeté et l'unité de l'UE ont contribué à le faire changer de position», insiste une source diplomatique. «Tout comme évidemment les pressions politiques internes aux Etats-Unis et la réaction des marchés boursiers».

La crise sur le Groenland «crée un acquis sur la manière dont nous pouvons agir efficacement dans ce type de situation», espère un autre diplomate. Mais «personne n'ira dire, c'est bon, on a rétabli la stabilité» avec Donald Trump. «Il ne faut pas être surpris si on a des surprises». (jzs/ats)

Une année de Trump, c'est épuisant
Video: watson
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