International
Etats-Unis

Rencontre Xi Trump à Pékin entente de façade et tensions sur Taïwan

Chinese President Xi Jinping, left, shakes hands with U.S. President Donald Trump at the Great Hall of the People in Beijing, Thursday, May 14, 2026. (Kenny Holston/Pool Photo via AP)
Donald Trump,Xi  ...
En apparence, le président chinois Xi Jinping et Donald Trump affichent une attitude cordiale lors de leur rencontre.Keystone

Voici ce que cachent les sourires de Xi et Trump à Pékin

Le président chinois a réservé un accueil cérémoniel à son homologue américain. Malgré cela, la Chine consent à peu de concessions sur les dossiers essentiels, notamment Taïwan.
14.05.2026, 16:0414.05.2026, 16:04
Fabian Kretschmer / ch media

Lorsque Donald Trump et Xi Jinping ont entamé leurs discussions dans la Grande Halle du Peuple, le contraste entre les deux hommes les plus puissants du monde apparaissait plus nettement que rarement. «Nous allons avoir un avenir fantastique», a lancé le président américain en improvisant, avant d’enchaîner une série de superlatifs:

«Il y a des gens qui disent que c’est le plus grand sommet de tous les temps. Ils n’ont jamais vu quelque chose comme ça!»
Trump

Le dirigeant chinois, lui, s’en est tenu strictement à ses notes soigneusement préparées; il s’est exprimé sans laisser paraître la moindre émotion:

«Les deux parties devraient être des partenaires plutôt que des adversaires»

Pendant plus de deux heures, Xi et Trump ont abordé les principales questions du moment, de la guerre en Iran au conflit commercial bilatéral, jusqu’à l’avenir de Taïwan. Et même si aucun résultat concret n’a été communiqué dans un premier temps, les deux camps ont qualifié les échanges de positifs.

Des objectifs divergents

Dans une première déclaration, le ministère chinois des Affaires étrangères a indiqué que les Etats-Unis et la Chine s’étaient accordés pour instaurer une «stabilité stratégique constructive». Il s’agirait de réguler la concurrence, de maîtriser les divergences et bâtir une forme de paix durable.

Pour cette première visite en Chine d’un président américain depuis neuf ans, une évidence s’impose: les deux dirigeants évoluent selon des logiques profondément différentes. D’un côté, Trump, porté par l’urgence de l’actualité, soumis à des pressions politiques internes et attendu sur des résultats concrets avant les élections législatives. De l’autre, Xi, inscrit dans une vision de long terme, guidé par les plans quinquennaux et protégé des pressions de l’opinion publique.

Son objectif est clair: obtenir une respiration stratégique avant d’affronter la compétition durable entre grandes puissances.

Xi va-t-il jouer son atout?

Dans ce rapport de force, Pékin estime disposer d’un avantage. Le principal atout de Xi Jinping réside dans le quasi-monopole chinois sur les terres rares, ces matières premières indispensables aux Etats-Unis pour reconstituer leurs capacités industrielles et militaires, mises à contribution lors du conflit en Iran. Reste une question centrale: Xi Jinping entend-il utiliser cet avantage de manière offensive lors de sa rencontre avec Trump?

Sur Taïwan, en tout cas, le ton s’est durci. Xi a qualifié la question taïwanaise de «question la plus importante dans les relations sino-américaines», avertissant qu’un mauvais traitement du dossier pourrait entraîner les deux pays dans un conflit ouvert. Un avertissement à peine voilé adressé à Washington. Rien n’indique, en revanche, que Xi aurait exigé l’abandon d’un projet américain de vente d’armes à Taïwan estimé à 11 milliards de dollars.

Au cœur de cette visite de deux jours, la mise en scène occupe une place centrale, et le président américain semble en être pleinement conscient. «L’arrivée que tout le monde attendait», a titré la Maison-Blanche mercredi soir sur son compte X, vidéo à l’appui: on y voit le président américain débarquer à l’aéroport international de Pékin dans une limousine démesurée, tandis que des soldats chinois défilent au pas et qu’une foule d’étudiants agite des drapeaux au ralenti. Tout indique que les autorités chinoises ont cherché à offrir à leur invité une scénographie soigneusement calibrée, pensée pour flatter son ego et frapper les esprits.

Des milliardaires de la tech comme des écoliers

Le reste du programme s’inscrit dans la même logique symbolique. Après les premières discussions, Xi Jinping conduit le président américain au Temple du Ciel, monument historique déjà visité à de nombreuses reprises par l’ancien secrétaire d’Etat Henry Kissinger. Jeudi soir, Donald Trump est convié à un dîner d’Etat, avant une ultime réunion de travail prévue vendredi matin entre les deux dirigeants.

Certains rendez-vous, en revanche, n’ont pas eu lieu – et leur absence est tout aussi révélatrice. Le président américain ne visite ni entreprises chinoises ni américaines. Il ne passe pas par son ambassade, ne rencontre pas la Chambre de commerce américaine, ne se rend sur aucun campus universitaire et n’échange pas avec des représentants de la société civile chinoise, très encadrée.

Apple CEO Tim Cook, Tesla CEO Elon Musk, U.S. Defense Secretary Pete Hegseth and U.S. Treasury Secretary Scott Bessent attend the welcome ceremony for U.S. President Donald Trump by Chinese President  ...
Le PDG d’Apple Tim Cook, le PDG de Tesla Elon Musk, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth et le secrétaire au Trésor Scott Bessent assistent à la cérémonie d’accueil du président américain Donald Trump, reçue par le président chinois Xi Jinping, à la Grande Halle du Peuple à Pékin, jeudi 14 mai 2026Keystone

En revanche, Trump a emmené avec lui une délégation économique de premier plan. Jeudi matin, la scène avait des airs de tableau historique: les figures les plus influentes de la tech mondiale, de Elon Musk à Tim Cook en passant par Jensen Huang, attendaient sur les marches de la Grande Halle du Peuple l’arrivée des chefs d’Etat. Ils donnaient l’impression d’écoliers en sortie scolaire: plaisantant entre eux, absorbés par leurs smartphones, visiblement impatients. Tous devraient repartir avec des contrats se chiffrant en milliards de dollars.

Dans le même temps, les limites de cette ouverture soigneusement mise en scène sont réapparues. Lorsque CNN a basculé en direct vers le journaliste du New Yorker Evan Osnos, présent à Pékin pour couvrir la visite, la connexion internet de son hôtel a été interrompue à plusieurs reprises. Un incident discret, mais révélateur: malgré le vernis diplomatique, la Chine demeure un espace étroitement contrôlé et fortement cloisonné sur le plan numérique.

Enfin, la sécurité entourant la délégation américaine illustre elle aussi les tensions sous-jacentes. Tous les responsables ont été priés de laisser leurs téléphones et ordinateurs personnels à domicile, le risque d’espionnage étant jugé trop élevé. (trad. tib) (aargauerzeitung.ch)

La visite de Donald Trump chez Charles III, en images
1 / 25
La visite de Donald Trump chez Charles III, en images

Marine One, transportant le président américain Donald Trump et la première dame Melania Trump, arrive pour atterrir au château de Windsor.

source: getty images europe / wpa pool
partager sur Facebookpartager sur X
Trump menace l'Iran de destruction totale
Video: extern / rest
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
1 Commentaire
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
1
Dans ce pays, 99% des nouvelles voitures sont électriques: et en Suisse?
Les voitures électriques gagnent-elles du terrain ou restent-elles un marché de niche? Tout dépend du pays que l’on observe.
Le marché européen de la voiture électrique accélère. Les cinq plus grands marchés – l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni – ont connu entre janvier et mars un trimestre record pour les véhicules électriques. Par rapport à l’an dernier, la croissance atteint 35%. A l’échelle de l’Europe, les ventes de voitures électriques ont progressé de 26%. En Suisse, les immatriculations de véhicules électriques ont augmenté de 13% depuis le début de l’année.
L’article