Donald Trump a bombardé leur «enfant»
Ce pont était comme «notre enfant»: les larmes aux yeux, l'ingénieur Roozbeh Yazdi est inconsolable devant ce qu'il reste du plus grand pont à haubans d'Iran et du Moyen-Orient, dont Donald Trump a salué le bombardement.
Une chute en plusieurs temps
Un responsable a affirmé que «12 bombes» avaient été larguées jeudi à Karaj, ville périphérique de Téhéran. Les deux piliers principaux ont résisté et le mot «Iran» calligraphié domine toujours la structure, mais la puissance des explosions l'a coupée en deux, en plein milieu.
Des frappes supplémentaires ont fini par terrasser ses extrémités. Des tiges d'acier de la structure tortillées et des blocs de béton pendent désormais dans le vide au point que les experts ne savent pas s'il sera possible un jour de le réparer. Sur le chantier du pont, qui a mobilisé une équipe de 700 personnes et dont l'inauguration était prévue cet été, Roozbeh Yazdi déclare:
«Nous le reconstruirons»
Deux grues toujours debout montrent que les travaux, débutés il y a plus de deux ans, n'étaient pas terminés. Le pont, connu sous le sigle B1, n'avait d'ailleurs pas encore de nom officiel. Roozbeh Yazdi l'affirme:
Le B1 est l'ouvrage le plus complexe d'Iran en termes d'ingénierie, s'élevant jusqu'à 176 mètres et mesurant 1050 mètres de long. Sa construction s'inscrivait dans le cadre d'un vaste projet autoroutier consistant à réduire le temps de trajet entre Téhéran et le nord de l'Iran, destination très prisée notamment pour des week-ends au bord de la mer Caspienne.
Selon le dernier bilan de la Fondation des martyrs de la province de l'Alborz, dont Karaj fait partie, les frappes ont tué 13 civils et fait des dizaines de blessés. Les Etats-Unis et Israël «s'attaquent uniquement aux infrastructures du peuple et du pays», lance Hamed Zekri, un autre ingénieur de 41 ans, se disant «tellement attristé par la destruction du pont qu'il ne peut plus en parler».
Les raisons de l'attaque restent mystérieuses
Donald Trump s'est vanté d'avoir bombardé le pont B1, mais sans expliquer pourquoi s'être attaqué à cette cible. Le président américain a écrit dans un message sur son réseau social Truth, accompagné d'une vidéo du pont détruit:
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a rétorqué sur X:
L'agence Fars a par ailleurs publié une «liste de ponts importants de la région susceptibles d'être la cible de représailles iraniennes». On y trouve en tête, avec 36 kilomètres de long, le pont Cheikh Jaber Al-Ahmad Al-Sabah au Koweït, mais aussi le pont Roi Fahd qui relie l'Arabie saoudite et Bahreïn sur 25 kilomètres. (btr/afp)
