International
Etats-Unis

Iran: Donald Trump a bombardé leur «enfant»

Donald Trump a bombardé leur «enfant»

Donald Trump s'est vanté d'avoir bombardé et détruit le pont à haubans de Karaj, non-loin de Téhéran, alors qu'il était encore en construction et devait être le fleuron de l'ingéni ...
Donald Trump s'est vanté d'avoir bombardé et détruit le pont à haubans de Karaj, non-loin de Téhéran, alors qu'il était encore en construction et devait être le fleuron de l'ingénierie iranienne.Image: Keystone / Montage Watson
Donald Trump a bombardé le pont B1, qui devait être le plus grand pont à haubans du Moyen-Orient. Les ingénieurs qui le construisaient sont dévastés.
07.04.2026, 20:5007.04.2026, 20:50
Sébastien Ricci / Mostafa Dadkhah

Ce pont était comme «notre enfant»: les larmes aux yeux, l'ingénieur Roozbeh Yazdi est inconsolable devant ce qu'il reste du plus grand pont à haubans d'Iran et du Moyen-Orient, dont Donald Trump a salué le bombardement.

Une chute en plusieurs temps

Un responsable a affirmé que «12 bombes» avaient été larguées jeudi à Karaj, ville périphérique de Téhéran. Les deux piliers principaux ont résisté et le mot «Iran» calligraphié domine toujours la structure, mais la puissance des explosions l'a coupée en deux, en plein milieu.

A propos des agissements de Donald Trump 👇

Des frappes supplémentaires ont fini par terrasser ses extrémités. Des tiges d'acier de la structure tortillées et des blocs de béton pendent désormais dans le vide au point que les experts ne savent pas s'il sera possible un jour de le réparer. Sur le chantier du pont, qui a mobilisé une équipe de 700 personnes et dont l'inauguration était prévue cet été, Roozbeh Yazdi déclare:

«Nous avons travaillé dur pour assembler ces éléments, nous avons versé des larmes, nous avons transpiré à grosses gouttes»

«Nous le reconstruirons»

Deux grues toujours debout montrent que les travaux, débutés il y a plus de deux ans, n'étaient pas terminés. Le pont, connu sous le sigle B1, n'avait d'ailleurs pas encore de nom officiel. Roozbeh Yazdi l'affirme:

«Nous le considérions comme notre enfant et nous étions très fiers de le voir grandir»

Le B1 est l'ouvrage le plus complexe d'Iran en termes d'ingénierie, s'élevant jusqu'à 176 mètres et mesurant 1050 mètres de long. Sa construction s'inscrivait dans le cadre d'un vaste projet autoroutier consistant à réduire le temps de trajet entre Téhéran et le nord de l'Iran, destination très prisée notamment pour des week-ends au bord de la mer Caspienne.

Selon le dernier bilan de la Fondation des martyrs de la province de l'Alborz, dont Karaj fait partie, les frappes ont tué 13 civils et fait des dizaines de blessés. Les Etats-Unis et Israël «s'attaquent uniquement aux infrastructures du peuple et du pays», lance Hamed Zekri, un autre ingénieur de 41 ans, se disant «tellement attristé par la destruction du pont qu'il ne peut plus en parler».

«Nos efforts ont été anéantis en l'espace de trois heures, entre la première et la seconde frappe. Si Dieu le veut, nous le reconstruirons»

Les raisons de l'attaque restent mystérieuses

Donald Trump s'est vanté d'avoir bombardé le pont B1, mais sans expliquer pourquoi s'être attaqué à cette cible. Le président américain a écrit dans un message sur son réseau social Truth, accompagné d'une vidéo du pont détruit:

«Le plus grand pont en Iran s'écroule et ne sera plus jamais utilisé. Il est temps pour l'Iran de conclure un accord avant qu'il ne soit trop tard»

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a rétorqué sur X:

«Frapper des infrastructures civiles, y compris des ponts inachevés, ne poussera pas les Iraniens à se rendre»

L'agence Fars a par ailleurs publié une «liste de ponts importants de la région susceptibles d'être la cible de représailles iraniennes». On y trouve en tête, avec 36 kilomètres de long, le pont Cheikh Jaber Al-Ahmad Al-Sabah au Koweït, mais aussi le pont Roi Fahd qui relie l'Arabie saoudite et Bahreïn sur 25 kilomètres. (btr/afp)

Des manifestations, en Iran et ailleurs
1 / 11
Des manifestations, en Iran et ailleurs
Des Iraniennes tiennent des photos de Mahsa Amini, les mains peintes en rouge, lors d'une manifestation devant le consulat d'Iran suite à la mort de Mahsa Amini, à Istanbul, en Turquie, le 17 octobre 2022.
source: epa / sedat suna
partager sur Facebookpartager sur X
Trump reproche à certains pays de ne «pas vouloir s'impliquer» dans la sécurisation d'Ormuz
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
Un soldat australien arrêté pour crimes de guerre présumés
Un soldat australien est soupçonné d'avoir commis des crimes de guerre en Afghanistan en 2009 et 2012. Le militaire a été arrêté.
Un ancien soldat australien a été arrêté mardi à Sydney pour des crimes de guerre présumés commis en Afghanistan, a annoncé la police fédérale, à la suite d'une vaste enquête sur la conduite des troupes australiennes dans ce pays entre 2005 et 2016.
L’article