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Avec ces réfugiés Ukrainiens à qui la Pologne met la pression

Ce «coup dur» de la Pologne complique la vie des réfugiés ukrainiens.
La Pologne durcit le ton envers les Ukrainiens qui y sont réfugiés pour éviter la mobilisation. A droite: Kiev, lors d'une attaque aérienne russe, le 2 juin.Image: Imago / Shutterstock, montage watson

Cette «honte pour l’Etat polonais» frappe les réfugiés ukrainiens

La Pologne resserre sa politique migratoire tandis que Kiev accentue ses efforts de mobilisation. Les réfugiés ukrainiens, eux, se retrouvent coincés entre deux pays.
26.07.2026, 15:5626.07.2026, 16:00
Karyna NAUHOLNA, Varsovie, Pologne / AFP

Leurs conditions de vie se dégradent, mais impossible pour eux de rentrer. Des Ukrainiens installés près de Varsovie, la capitale polonaise, sont pris entre deux feux: d'un côté la Pologne, qui durcit sa politique d'accueil, de l'autre Kiev, qui accentue la pression pour mobiliser les hommes en âge de combattre.

Dmytro, 18 ans, un Ukrainien résidant dans une maison-auberge de la périphérie de Varsovie, où vivent une centaine d'hommes comme lui, explique:

«Si je le pouvais, je ferais mes valises tout de suite et je partirais à pied pour l'Ukraine, mais je n'y ai aucun avenir»

Pris entre deux feux

Le 5 mars 2026, la Pologne, deuxième pays d'accueil des réfugiés ukrainiens après l'Allemagne avec près d'un million de personnes, a mis fin au statut spécial qui leur était accordé. Désormais, de nombreux droits sont soumis à des conditions plus strictes, proches du droit général pour les étrangers.

Anna Tatar, représentante de l'association antiraciste «Never Again» à Varsovie, estime:

«C'est un coup dur pour les plus vulnérables et c'est une honte pour l'Etat polonais»

Viktoria Korzhova, membre d'un cabinet d'avocats ukrainien en Pologne, constate déjà depuis le 5 mars une augmentation du nombre de demandes d'aide à la régularisation.

Volodymyr, 50 ans, rencontré dans la même maison-auberge que Dima, a franchi la frontière polonaise illégalement il y a trois ans afin d'échapper à la mobilisation. Comme ses colocataires, il attend le résultat de sa récente demande de titre de séjour. Il confie, le regard vague:

«Je suis inquiet, parce que personne ne sait ce qui va arriver après»

La peur de la mobilisation dans toutes les têtes

Dans le même temps, l'Ukraine, qui mobilise environ 30 000 hommes par mois, accentue la pression.

Le 26 juin, la Commission européenne a annoncé que les hommes ukrainiens de 23 à 60 ans, déposant une première demande, ne se verront plus accorder la protection temporaire dans l'Union européenne. Une décision prise à la demande de Kiev, selon le commissaire européen aux migrations, Magnus Brunner.

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Cette annonce «ne peut en réalité qu'accélérer leur régularisation à l'étranger», estime Andriï Gaidutskyi, expert en politiques migratoires.

Loin de décourager les départs, cette mesure poussera selon lui les Ukrainiens à se tourner vers des statuts durables, comme les titres de séjour de trois ans ou plus, favorisant leur installation dans un pays de l'UE. Il souligne:

«Si auparavant, les gens partaient pour des raisons économiques, aujourd'hui, de nombreux hommes partent en raison du risque de perdre la vie ou leur santé, liées à la mobilisation.»

Pour échapper au front, certains vont jusqu'à risquer leur vie en traversant clandestinement les Carpates, tandis que d'autres bénéficient d'une exemption légale leur permettant de quitter le pays.

Si la mesure ne concerne que les nouveaux arrivants, pour les Ukrainiens de Varsovie, le message est clair.

Un avenir incertain

Depuis le printemps 2024 déjà, les hommes ukrainiens vivant à l'étranger doivent mettre à jour leurs données militaires pour accéder aux services consulaires, une démarche que certains évitent par peur de la mobilisation.

Vadym, 31 ans, ne sait pas comment renouveler sans risque son passeport, bientôt expiré. «Il va falloir réfléchir», dit-il dans un rire nerveux. Dmytro, lui, a quitté l'Ukraine à 17 ans. Il résume:

«Je pensais que si je ne partais pas avant mes 18 ans, c'était fini pour moi»

Dans son quotidien actuel, l'horizon reste réduit, entre crainte d'un retour forcé et impossibilité de s'installer durablement.

Même ceux qui ont franchi légalement la frontière ressentent cette pression. Andriï, autorisé à partir en raison du handicap de sa mère, se souvient d'un passage de frontière tendu: «Le garde ukrainien ne voulait pas me laisser passer, alors que j'en avais le droit.»

«Pourquoi n'es-tu pas au front?»

Cette situation s'inscrit dans un contexte de baisse de la solidarité polonaise, avec 51,9% des Polonais estimant que leur attitude envers l'Ukraine et les Ukrainiens s'est détériorée dans le contexte des tensions récentes entre les deux pays autour de la mémoire de la Deuxième Guerre mondiale, selon un sondage de l'institut SW Research. Dmytro raconte:

«Au travail, j'ai un collègue polonais qui ramène tous les sujets de conversation aux Ukrainiens et à quel point nous les embêtons.»

Les hommes interrogés par l'AFP disent entendre régulièrement des reproches d'inconnus comme:

«Pourquoi n'es-tu pas au front?»

L'association «Never Again», qui recense ces cas depuis 2022, fait état d'une «augmentation des incidents anti-ukrainiens, des discours de haine et des agressions physiques» depuis le début de la présidence du nationaliste Karol Nawrocki en août 2025. Volodymyr soupire:

«La guerre finie, je rentrerai à la maison et ce sera terminé. J'en ai tellement marre»
epa13098672 Polish President Karol Nawrocki attends a press conference at the 2026 NATO Summit in Ankara, Turkey, 08 July 2026. The NATO Summit takes place from 07-08 July EPA/Marcin Obara POLAND OUT
Karol Nawrocki, président de la République de Pologne.Keystone
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Un bâtiment en flammes après un bombardement russe, Kiev.
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Un bison projette violemment un touriste dans les airs à Yellowstone
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