Poutine menace une zone «pivot» pour l'Europe
Le chef de l’Etat russe Vladimir Poutine a mis en garde l’Occident contre une escalade en mer Baltique. «Nous sommes prêts, mais nous ne voulons pas de guerre avec l’Europe», a-t-il affirmé à l’issue du sommet Russie-Afrique à Moscou. Si un tel conflit devait éclater, il n’y aurait «aucun vainqueur». «Personne ne devrait l’oublier», a souligné Poutine, selon l’agence de presse Reuters.
Il a parallèlement mis en garde contre un blocus de cette importante voie de navigation:
Récemment, le ministre allemand des affaires étrangères, Johann Wadephul, avait qualifié la Baltique de zone de conflit:
La Baltique, nouvelle possible zone de conflit
L’expert britannique Oliver Moody voit dans toutes ces actions la preuve d’un changement de l’intérêt stratégique de la Russie dans la région de la Baltique.
Dans son livre «Konfliktzone Ostsee» («Zone de conflit Baltique»), Oliver Moody écrit qu’il s’agit «de quelque chose de nettement plus grand: d'une rivalité intergénérationnelle entre l’Occident à tous les niveaux imaginables (…) de l’énergie et de l’économie jusqu’aux parlements et aux réseaux sociaux. Cette rivalité a deux pivots: l’un est l’Ukraine. L’autre est la région de la Baltique.»
Une mer sous haute tension
Vladimir Poutine s’est exprimé avec une confiance inattendue au sujet des récents entretiens avec le président finlandais Alexander Stubb et le chef du gouvernement norvégien, Jonas Gahr Støre. Il a dit savoir que tous deux étaient aussi critiqués pour leurs efforts en faveur d’un dialogue.
Par le passé, des incidents se sont produits à plusieurs reprises aux abords de la mer Baltique, notamment des survols de drones au Danemark. Dans ce pays, l’Ukraine fabrique un carburant pour fusées près de la frontière avec la ville allemande de Flensburg (nord).
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Le trafic maritime sur la Baltique est lui aussi perturbé. Jusqu’à deux mille navires sillonnent chaque jour cette mer intérieure. En règle générale, l’équipage à bord se fie, pour déterminer la position du navire, à des systèmes mondiaux de navigation par satellite, comme le GPS américain. Mais ce ne sont plus seulement les avions qui signalent de plus en plus de brouillages GPS: les navires sont eux aussi touchés.
Tantôt, un brouilleur recouvre les échanges de signaux avec les satellites dans l’espace, si bien que la localisation n’est plus possible. Les spécialistes parlent de jamming. Tantôt, un brouilleur simule de faux signaux satellites qui conduisent à une localisation erronée. On parle alors de spoofing. Les deux ont des conséquences.
Ainsi, en décembre 2024, le cargo Meghna Princess s’est échoué dans l’est de la Baltique à la suite d’une attaque contre sa navigation. Personne n’a été blessé. Mais le danger est réel. (trad. ysc)

