Des tracteurs ont envahi Paris
Des agriculteurs sont entrés jeudi dans Paris avec leurs tracteurs gagnant la Tour Eiffel et l'Arc de Triomphe pour protester notamment contre la signature toute proche d'un accord commercial entre l'Union européenne et les pays latino-américains du Mercosur. Le président de la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole français, Bertrand Venteau, a évoqué «une centaine» de tracteurs entrés dans la capitale avant l'aube.
«Nous voulons être reçus ce jour par la présidente de l'Assemblée nationale et le président du Sénat», a déclaré le leader agricole. Le syndicat appelle à une manifestation devant l'Assemblée nationale dans la matinée.
Mobilisée depuis plusieurs semaines, la profession affronte de multiples crises: épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) chez les bovins, faible cours du blé, prix élevé des engrais, menace d'une concurrence accrue en cas de signature par l'UE d'un accord de libre-échange négocié depuis plus de 25 ans avec quatre pays d'Amérique du Sud (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay)...
Imposant dispositif policier
Une vingtaine d'agriculteurs sont présents à la tour Eiffel, avec une dizaine de tracteurs garés tout près Sur la pelle d'un tracteur, figure un slogan hostile à la signature annoncée du traité UE-Mercosur: «CR 33 NON AU MERCOSUR».
Les agriculteurs sont arrivés vers 03h30-04h00 du matin (02h30-03h00 GMT) aux abords du monument parmi les plus visités de France. «On a mis 40 minutes à arriver, on n'a pas trouvé de gendarmes sur notre route», a affirmé Ludovic Ducloux, coprésident de la Coordination rurale de Gironde (CR 33).
Sous l'Arc de Triomphe à 6h, une dizaine de tracteurs cernés par un imposant dispositif des forces de l'ordre sont immobilisés. «France! Veux-tu encore de tes paysans», peut-on lire sur la pelle d'un tracteur. La Coordination rurale, syndicat classé à droite voire à l'extrême droite, est coutumier des actions musclées.
Des mesures pas suffisantes
Mercredi soir, un arrêté de la préfecture de police a interdit l'accès des tracteurs à certaines zones sensibles de la capitale notamment l'Elysée, Matignon, le Parlement, les ministères de l'Agriculture et de la Transition écologique, ou le marché de Rungis, entre autres.
Depuis l'hiver 2024, les agriculteurs demandent des simplifications administratives et un allègement des normes, notamment européennes, jugées trop contraignantes et source de concurrence déloyale avec des pays où les exigences environnementales sont moindres. Ni la loi d'orientation agricole, adoptée début 2025, ni la loi dite Duplomb et encore moins les promesses de Paris et Bruxelles n'ont convaincu les syndicats, reçus plusieurs fois à Matignon mais aussi à l'Elysée depuis décembre. (jzs/afp)
