Une «fenêtre d'opportunité» de Poutine fait craindre le pire en Europe
Confrontés à la menace russe qui révèle leurs failles, les Européens viendront chercher des solutions rapides au salon Eurosatory 2026 marqué par la montée en puissance de l'Ukraine et la présence autorisée des technologies «défensives» du Dôme de fer israélien, estime le commissaire du salon.
La nécessité de «se préparer à la guerre» devant le risque d'une offensive du président russe Vladimir Poutine ailleurs en Europe est ce qui donne le ton de cette nouvelle édition du salon biennal des professionnels de la défense et de la sécurité du 15 au 19 juin à Villepinte, au nord de Paris, résume le général Charles Beaudouin, ancien haut responsable de l'Armée de terre française.
Une participation d'Israël qui fait débat
Ce rendez-vous est appelé à devenir «le réceptacle» des tensions géopolitiques et de «confrontations désinhibées» alors que les systèmes de défense étatiques «sont pour la plupart inadaptés» au conflit moderne, y compris en France, estime-t-il.
Si le gouvernement français a banni cette semaine d'Eurosatory 2026 les armes «offensives» d'Israël, provoquant la colère de Tel-Aviv, les sociétés israéliennes privées pourront toutefois exposer «des capacités ou des briques de capacités relatives à la défense sol-air, antimissile et antibalistique», souligne le général dans un entretien.
Lors de l'édition précédente, en 2024, la France avait initialement décrété une interdiction «totale» de la participation israélienne, avant que le tribunal de commerce de Paris ne juge cette exclusion «discriminatoire» et n'ordonne, en plein salon, la réintégration des entreprises concernées.
Avec leur très performant système de défense antimissile «Iron Dome» qui inspire jusqu'aux Etats-Unis, les Israéliens pourront donc promouvoir des capacités «dont on n'a jamais eu autant besoin» devant notamment les délégations de l'Arabie saoudite ou des Emirats arabes unis «qui ont été frappés par des missiles». Charles Beaudouin précise toutefois:
Une trentaine d'exposants privés ont été prévenus des restrictions et seront au final «forcément» moins nombreux. «Si, par malheur, ils ne jouent pas le jeu (…) et si les stands sont ambigus, ils ne seront jamais au salon», prévient-il, laissant entrevoir de nouveaux rebondissements autour de la participation israélienne.
La figure centrale de l'Ukraine en guerre
L'Ukraine aura en revanche le droit de montrer son missile d'une portée de 3000km ou un grand drone d'une portée de 1600km, de la société Fire Point, «qui ont fait beaucoup de mal à la Russie». Le général souligne en outre:
En évoquant la «potentialité», relayée par de nombreux observateurs et hauts gradés français, d'une «fenêtre d'opportunité» pour Vladimir Poutine de lancer «une offensive» ailleurs en Europe, à mesure que le front ukrainien se stabilise, Charles Beaudouin déplore:
Charles Beaudouin poursuit en annonçant:
Charles Beaudouin rappelle que ce sont des «spécialistes ukrainiens et non américains» qui ont été invités dans les pays du Golfe, cibles de drones iraniens. D'autre part, «il y a une fébrilité des Etats, qui aujourd'hui, vont chercher la matière sur étagère» contrairement aux salons précédents axés sur «les prospectives futuristes», explique-t-il.
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Autre nouveauté révélatrice d'un changement de perception: «il y aura un pôle d'investisseurs et de banques» longtemps réticents à financer la défense.
«Aujourd'hui, ils comprennent que les budgets sont là» avec notamment 36 milliards d'euros supplémentaires prévus par la Loi de programmation militaire en France et que l'«ère de la modélisation heureuse est terminée», conclut-il.
