Un homme condamné à 15 ans de prison pour l’agression de son ex-compagne en France
Un homme a été reconnu coupable et condamné à 15 ans de prison vendredi par la cour d'assises du Loir-et-Cher pour violences volontaires aggravées. Il était jugé pour tentative de meurtre sur son ex-compagne, qui avait vainement tenté de déposer plainte avant sa violente agression en 2022.
La cour et le jury, au terme d'une délibération de plus de quatre heures, ont estimé «qu'en dépit de la violence et de la localisation des coups portés», un doute subsistait sur la volonté de l'homme de tuer la femme, qui conserve de profondes séquelles de son agression.
A cette peine de 15 ans de réclusion criminelle, motivée pour des violences volontaires ayant entraîné une infirmité, s'ajoutent une peine de sûreté à hauteur des deux tiers, un suivi socio-judiciaire de sept ans avec injonction de soins et l'interdiction d'entrer en contact avec les parties civiles.
Une intention de donner la mort que l'homme de 30 ans, a toujours nié, mais qui ne faisait «aucun doute» pour l'avocate générale Stéphanie Clément-Bornet, qui avait requis 22 ans de prison à son encontre.
«Déçue»
Après avoir suivi l'intégralité des débats dignement et entourée de ses parents, la victime, aujourd'hui âgée de 27 ans, a cette fois semblé accuser le coup, au moment de l'énoncé du verdict. La veille, elle était très brièvement sortie, choquée en découvrant les images de son visage défiguré par les coups.
«Je suis très déçue, je ne comprends pas. Il faudrait peut-être mieux que la femme meurt», s'est lamentée la mère de la jeune femme, qui avait appelé à:
Outre la perte de son oeil droit, la jeune femme a subi des lésions neurologiques irréversibles, au terme notamment de deux mois de coma. Jeudi, à la barre, sa mère a détaillé la perte des «souvenirs», du «goût», de «l'odorat» dont souffre désormais sa fille.
Me Isabelle Steyer, l'avocate de la victime, a elle rappelé que cette dernière «a réchappé de très peu à la mort».
Le prévenu, 30 ans, a exprimé ses «excuses» avant la clôture des débats, assurant qu'il n'avait jamais voulu tuer son ex-petite amie.
«J'ai vrillé (...) C'est comme si ma force avait été décuplée», a dit l'accusé, crâne rasé et en jogging, dont le casier judiciaire comporte déjà quatorze mentions.
Le jour des faits, alors que la victime avait rompu précédemment, l'accusé a expliqué être revenu à Blois pour renouer avec la jeune femme, qui était tombée enceinte de lui et qui avait avorté avant l'agression.
«J'étais triste et en colère», a dit celui qui avait rencontré la victime en août 2022, minimisant les violences et menaces décrites par les proches de la jeune femme.
Puis il est aussi revenu sur la journée du 13 décembre 2022, au cours de laquelle la victime se présente au commissariat de Blois pour porter plainte contre lui, avant d'être invitée à revenir le lendemain.
«Dix secondes»
Deux heures plus tard, elle est retrouvée laissée pour morte, dans une mare de sang, dans les parties communes de son immeuble.
L'agresseur a ensuite raconté ces «dix secondes top chrono», où tout a basculé, alors qu'elle s'apprêtait à sortir pour appeler à l'aide.
Pour son avocat Me Stéphane Rapin, qui avait plaidé cette requalification, cela «correspond à la réalité du dossier», le «doute doit toujours profiter à l'accusé».
Chaque jour en France, plus de trois femmes sont victimes de féminicide ou tentative de féminicide conjugal, un chiffre en hausse sur un an selon les données 2024 de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof). (dal/afp)
