Congrès du RN: A Orléans, on craint une «catastrophe»
A la veille du congrès du Rassemblement national (RN) et d'une importante manifestation d'opposants, de nombreux commerçants d'Orléans (sud de Paris) abordent avec inquiétude le week-end, craignant violences et dégradations, dans une ville peu habituée aux mobilisations de cette ampleur.
Dans plusieurs rues commerçantes du centre historique, des plaques de contreplaqué recouvrent déjà certaines devantures, tandis que d'autres boutiques ont retiré les articles les plus précieux de leurs vitrines.
Une situation inédite
Christine, qui n'a pas souhaité donner son nom et qui tient une boutique de stylos, confie:
Elle s'affaire à vider une partie de ses vitrines, qui devraient être toutes vides. Les larmes aux yeux et la gorge nouée, elle lâche:
Ces craintes s'inscrivent dans un contexte inédit pour Orléans.
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Le congrès du Rassemblement national doit réunir quelque 5000 participants samedi, puis jusqu'à 10 000 personnes dimanche lors du lancement officiel de la campagne présidentielle de Marine Le Pen.
En parallèle, une manifestation d'opposants pourrait rassembler entre 20 000 et 30 000 personnes, dont 2000 à 3000 militants radicaux selon les autorités, une semaine après les scènes de pillages et de violences qui ont émaillé le samedi 17 octobre dans plusieurs villes de France.
Une inquiétude généralisée et grandissante
Christophe Guermont-Prez, à la tête d'un magasin spécialisé de matériel photographique, situé sur le parcours du cortège, à proximité de la cathédrale, explique pour sa part:
Une décision coûteuse mais qu'il juge nécessaire. Assurant n'avoir jamais connu une telle situation en «43 ans», il poursuit:
Président de l'association Les Vitrines d'Orléans, qui fédère les commerçants du centre-ville, Eric Benchetrit évoque, lui, des dizaines d'appels reçus ces derniers jours. «Tout le monde ne parle que de ça», résume-t-il avant d'ajouter:
Les commerçants interrogés ont tous dit appréhender le week-end, certains refusant d'être cités par crainte d'être visés.
Une inconfortable incertitude
L'inquiétude est alimentée par les violences survenues lors de manifestations précédentes. Eric Benchetrit insiste:
S'il «veut croire» au dispositif de sécurité annoncé par la préfecture, qui prévoit le déploiement de près de 3000 forces de l'ordre à Orléans, il estime toutefois que beaucoup d'habitants feront le choix d'éviter le centre-ville par précaution.
La municipalité a pourtant décidé de maintenir les commerces ouverts, à condition que bars et restaurants plient leurs terrasses. Le maire de la ville, Serge Grouard, assure en disant essayer d'«anticiper tout ce que l'on peut anticiper»:
Serge Grouard a lui-même évoqué publiquement les risques de violences et de dégradations, dans une ville rarement confrontée à un dispositif sécuritaire de cette ampleur. Dans sa boutique presque vidée, Christine redoute malgré tout les conséquences d'un week-end noir:
