Volodymyr Zelensky en visite sur le front ukrainien ce mercredi.Keystone
Volodymyr Zelensky a abordé de nombreux thèmes, dont le matériel de guerre, les élections américaines ou encore l'influence de la Chine à l'occasion d'un grand entretien avec plusieurs médias français.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a assuré que le «monde entier», dont l'Ukraine, voulaient que la Russie participe à un prochain sommet de la paix. Il s'exprimait dans un entretien accordé à plusieurs médias français, dont l'AFP.
«La majorité du monde dit aujourd'hui que la Russie doit être représentée au second sommet, autrement nous n'arriverons pas à des résultats importants. Comme le monde entier les veut à la table, nous ne pouvons être contre»
«L'interdiction imposée par les Occidentaux à l'Ukraine de frapper le territoire russe en profondeur et le manque d'assistance matérielle sont la cause des gains territoriaux de la Russie en Ukraine ces derniers mois», a en outre accusé le président ukrainien.
«C'est un défi de taille, le fait qu'on ne puisse pas utiliser les armes (occidentales) comme on en a besoin pour stopper l'ennemi», avant de se désoler également d'une aide insuffisante:
«Croyez-vous possible d'arrêter (les Russes) si seulement trois (brigades ukrainiennes) sur 14 sont équipées?»
Le dirigeant s'est exprimé sur l’autorisation de frapper des cibles militaires avec des missiles de longue portée américains et européens:
«Nous le souhaitons de tout cœur. Nous faisons tout pour. Malheureusement, nos partenaires ont pour l’instant peur de cela»:
«Mais ils doivent comprendre que nous vivons et que nous nous battons. Et, s’ils ne trouvent pas le moyen de nous aider, nous allons nous débrouiller pour trouver d’autres solutions pour protéger la population.»
Dans les colonnes du quotidien Le Monde, Volodymyr Zelensky estime que toute question portant sur l’intégrité territoriale de l’Ukraine, qui, selon lui, «ne peut être résolue par un président, par une seule personne, ou par tous les présidents du monde, sans le peuple ukrainien»:
«C’est impossible. Cela va à l’encontre de la Constitution de l’Ukraine. Et c’est pourquoi cette question nous concerne exclusivement, nous»
«Ce n’est pas la meilleure option, car nous avons affaire à Poutine et, pour lui, ce sera bien évidemment une victoire, s’il récupère une partie de nos territoires.»
«Mais même plus tard, si le conflit est gelé, il peut revenir et le faire. C’est pourquoi cette question est très, très, difficile.»
L'élection américaine
Il a aussi reconnu que l'incertitude s'agissant de l'élection de Kamala Harris ou Donald Trump à la présidentielle américaine posait un «risque» pour l'Ukraine, qui compte sur la pérennité du soutien militaire des Etats-Unis pour faire face à la Russie.
«En tant que président de l'Ukraine, je dois avoir un dialogue entre mon équipe et celle de (Joe) Biden, de Trump et maintenant de Harris, nous devons avoir ces contacts pour discuter de quoi le futur pourrait être fait si tel ou tel camp gagne l'élection»
«Nous ne pouvons influencer aucune élection, mais bien sûr les Etats-Unis sont un défi aujourd'hui. Et il y a des risques que personne d'entre nous ne peut prédire», a-t-il dit:
«Si Kamala Harris gagne, alors oui, ce seront des représentants du Parti démocrate, mais tout de même, ce n’est pas Joe Biden. Si c’est Donald Trump, mon équipe a parlé avec la sienne et j’ai discuté avec lui. Encore une fois, nous ne savons pas aujourd’hui de quoi sera fait notre dialogue. Il était tout à fait raisonnable auparavant, mais nous ignorons ce qu’il se passera à l’issue des élections. Je pense que nous conserverons une majorité au Congrès en ce qui concerne le soutien à l’Ukraine.»
L'influence de la Chine
Le président ukrainien estime que si la Chine le souhaite, «elle pourra contraindre la Russie à arrêter cette guerre»:
«J’aimerais qu’elle ne fasse pas un travail de médiation. J’aimerais qu’elle fasse pression sur la Russie, pour mettre un terme à cette guerre.»
«Tout comme les Etats-Unis font pression. Et tout comme l’Union européenne fait pression. Et plus le pays a de l’influence, plus il doit faire pression sur la Russie. En temps de guerre, quand il y a un agresseur, il ne faut pas se positionner en tant que médiateur.» a-t-il ajouté. (jch/ats)
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