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Guerre contre l'Ukraine

Transnistrie: l'allié de Poutine, pourrait rejoindre la Russie

Ce pays pourrait tomber aux mains de Poutine ce mercredi

La Transnistrie, état important stratégiquement et allié du Kremlin, pourrait rejoindre la Russie cette semaine. L'Ukraine aura-t-elle un autre vassal de Poutine à ses portes?
27.02.2024, 11:5727.02.2024, 12:11
Alexander Schreiber / t-online
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Bien que la Transnistrie ne compte que 360 000 habitants, l'avertissement lancé la semaine passée par le groupe américain Institute for the Study of War (ISW) a mis les gouvernements occidentaux en état d'alerte. Lors d'une assemblée le 28 février, c'est-à-dire ce mercredi, les députés transnistriens pourraient déclarer le rattachement de la région à la Russie, ou bien lancer un référendum sur la question.

Selon l'ISW, le prétexte pourrait être une prétendue menace de la République de Moldavie et de l'Otan sur la Transnistrie. La Transnistrie se situe à l'est de la République de Moldavie, à la frontière avec l'Ukraine. La région a déclaré son indépendance de la Moldavie et s'autogère depuis le début des années 1990, mais n'est pas reconnue internationalement. Environ 30% des presque 360 000 habitants sont des Russes ethniques, les autres grands groupes de population sont les Roumains, les Moldaves et les Ukrainiens. La Transnistrie est surtout une proche alliée de la Russie.

La Transnistrie, alliée de Poutine, prévoit-elle de rejoindre la Russie?
Image: watson

Une annexion à la Russie pourrait servir de prétexte pour une attaque

Les services secrets militaires ukrainiens ont toutefois exprimé des doutes quant aux prétendues opérations d'annexion. En l'état actuel, ces plans ne sont «pas encore confirmés», a déclaré jeudi le chef des services secrets Andreï Youssov. Il est «confiant sur le fait que Tiraspol (capitale de la Transnistrie, réd) ait conscience des conséquences de tout comportement irresponsable».

A l'origine, c'est le politicien transnistrien Ghenadie Ciorba qui avait fait état des projets de rattachement présumés. Une annexion à la Russie pourrait donner à Poutine la base d'une attaque contre la République de Moldavie, a mis en garde Ciorba.

Le président russe Vladimir Poutine a l'intention de prononcer un discours à la nation au parlement russe ce 29 février sur les grandes lignes de sa politique. Et selon l'ISW, un scénario possible serait l'annonce de l'annexion de la Transnitrie par Poutine. C'est ce qu'il a déjà fait en 2022 avec les régions ukrainiennes de Kherson, Donetsk, Louhansk et Zaporijjia.

Attaquer la Transnistrie serait attaquer la Russie elle-même

Les experts de l'ISW estiment certes qu'il est peu probable que la Russie intègre officiellement la Transnistrie – il serait plus réaliste que Poutine se contente dans un premier temps de saluer une déclaration de rattachement. Mais la semaine dernière encore, le ministère russe de la Défense avait averti la Moldavie qu'elle considérerait une action militaire contre la région sécessionniste comme une attaque contre la Russie elle-même. De son côté, l'Ukraine a affirmé qu'elle réagirait «avec détermination» aux tentatives russes d'entraîner la Transnistrie dans la guerre ou de déstabiliser la Moldavie.

L'orientation pro-occidentale et pro-européenne du pays est une épine dans le pied de Poutine. La République de Moldavie est candidate à l'adhésion à l'UE depuis 2022 et entretient des liens avec l'Otan, sans toutefois être elle-même membre de l'alliance militaire. La présidente Maia Sandu a qualifié la Russie de menace pour la sécurité nationale en octobre 2023 - c'est la première fois qu'un chef d'Etat s'exprime aussi clairement dans l'histoire du pays.

Un danger pour l'Ukraine

En raison de sa situation, la Transnistrie pourrait jouer un rôle géostratégique important dans la guerre en Ukraine. L'Etat de facto est limitrophe de l'Ukraine à l'est, les forces armées russes pourraient donc lancer des attaques depuis là. La Russie a déjà suivi une stratégie similaire en Biélorussie. Dans ce pays, le dictateur Alexandre Loukachenko a pu se maintenir au pouvoir après les manifestations de masse contre lui en 2020 et 2021, notamment grâce aux promesses de sécurité russes.

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Depuis, la Biélorussie est considérée comme un Etat vassal de la Russie. Le pays a joué un rôle décisif au début de la guerre d'Ukraine il y a presque deux ans. De là, les troupes russes ont envahi la banlieue de Kiev avant d'être stoppées. Des milliers de soldats russes se trouveraient encore aujourd'hui en Biélorussie.

La Moldavie menacée par une guerre hybride avec la Russie

Des soldats russes sont également stationnés en Transnistrie, le nombre exact n'est pas connu. Toutefois, en raison de la situation géographique de la Transnistrie, il ne serait pas facile pour les Russes d'envoyer des soldats supplémentaires dans la région. Le petit Etat est entouré par la Roumanie, la Moldavie et l'Ukraine. Selon l'ISW, les forces russes qui y sont déployées ne constituent pas une menace sérieuse pour l'Ukraine dans l'état actuel de leurs effectifs.

Les soldats russes pourraient être plus dangereux pour la République de Moldavie, selon les experts de l'ISW. Certes, il n'existe actuellement aucun indice concret d'une action militaire de la Russie contre la Moldavie. Toutefois, en cas d'annexion de la Transnistrie, Moscou pourrait mieux mener une guerre hybride contre la Moldavie à partir de cette région, selon l'ISW. Les observateurs mettent en garde contre le fait que la Russie pourrait déstabiliser la Moldavie en utilisant des méthodes de guerre hybride telles que des campagnes de désinformation et des cyberattaques.

(Traduit et adapté par Chiara Lecca)

L'Ukraine a développé une «cape d'invisibilité» pour ses soldats
Video: watson
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