Lundi, le plus important hôpital pour enfants ukrainien, situé à Kiev, a été délibérément ciblé par un missile de croisière russe. Le bilan serait d'au moins 36 morts, dont plusieurs enfants.
Selon la porte-parole de la clinique, Anastasia Magerramova, présente au moment de l'attaque, une unité de soins intensifs, une unité de transplantation et une unité spécialisée dans la chirurgie prénatale, raconte-t-elle:
Et puis, au milieu de ce chaos, entre les pavillons sur le vaste terrain: des enfants avec des bouteilles de perfusion, qui attendent d'être évacués. Apparemment, de jeunes patients atteints de cancer.
Le nombre de personnes tuées lors de l'attaque de lundi n'était pas encore clair dans l'après-midi. Une seule chose est certaine: que le bilan ne s'arrêterait pas aux huit morts et onze blessés confirmés dans un premier temps. De nombreuses victimes étaient encore supposées se trouver sous les décombres des parties effondrées du bâtiment. Lundi, on ne savait pas non plus où les patients survivants de la clinique devaient être pris en charge.
Ohmatdyt est la plaque tournante des soins médicaux du pays dans le domaine de la pédiatrie. Des enfants de toute l'Ukraine y sont soignés s'ils ont besoin de traitements spéciaux. Et c'est notamment l'invasion russe qui a poussé les capacités de cet hôpital hautement spécialisé à ses limites: on y traite des cas orthopédiques compliqués, des enfants qui ont perdu un membre ou qui ont des problèmes neurologiques suite à des blessures liées à la guerre.
«Nous voyons la guerre tous les jours lorsque nous traitons des enfants avec des éclats d'obus dans le crâne ou d'autres parties du corps. Désormais, nous sommes nous-mêmes devenus une cible», explique la porte-parole:
La guerre a transformé l'institution en un gigantesque projet humanitaire qui reflète bien le fonctionnement actuel du pays. Ces dernières années, l'argent nécessaire pour l'extension de la clinique est venu de l'Etat, de donateurs internationaux comme l'Autriche, la France ou les Etats-Unis, mais aussi et surtout d'organisations de la société civile ukrainienne et étrangère. L'hôpital a toujours été un modèle de transparence et un exemple de bonne pratique.
L'attaque de la clinique n'était de loin pas la seule de la journée. D'autres bombardements ont eu lieu à Kiev: un centre médical sur la rive gauche du Dnipro a été touché, ainsi qu'un immeuble de bureaux et trois unités de production d'énergie, provoquant un staccato d'alertes aériennes. Les gens se sont rassemblés dans des cafés en sous-sol pour attendre la fin des frappes. Des tirs de défense antiaérienne ont été entendus à plusieurs reprises dans la ville. De fortes attaques ont également été menées sur Zaporijjia et dans d'autres villes.
Dès le début de l'après-midi, l'armée a évoqué l'une des plus graves attaques contre la capitale ukrainienne depuis le début de la guerre russe. Les attaques se sont poursuivies jusqu'en milieu d'après-midi.
Une routine brutale à Kiev faite d'alarmes, de tirs anti-aériens, d'impacts et de colonnes de fumée. Mais l'attaque ciblée contre un hôpital pour enfants est sans précédent. Une passante déclare: «Ce que l'on a déjà vu à Marioupol se poursuit ici». En d'autres termes, la Russie attaque de manière très ciblée les établissements médicaux. Et elle ne s'arrête ni aux maternités comme à Marioupol, ni aux hôpitaux pour enfants comme à Kiev.
Traduit et adapté de l'allemand par jch