La trêve entre Damas et les forces kurdes prolongée de 15 jours
Le gouvernement syrien et les forces kurdes ont prolongé samedi leur cessez-le-feu de 15 jours. Damas affirme que la mesure vise à faciliter le transfert par les Etats-Unis de détenus de l'Etat islamique (EI) de Syrie en Irak.
Plus tôt samedi, trois sources dont une kurde et un responsable syrien à Damas avaient fait part à l'AFP d'un accord des deux parties pour prolonger la trêve.
Le ministère syrien de la défense a annoncé dans la soirée cette «prolongation», à partir de 23h00 (21h00 en Suisse), dans le but de «soutenir l'opération américaine visant à transférer les détenus» de l'EI des prisons kurdes vers l'Irak.
Les forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) ont indiqué que cette prolongation avait été convenue:
Dans un communiqué, elles «affirment leur engagement envers cet accord et leur détermination à le respecter, pour contribuer à la désescalade, à la protection des civils et à la création des conditions nécessaires à la stabilité».
7000 transferts
Décrété mardi, le cessez-le-feu a depuis été globalement respecté, après que les forces kurdes ont cédé des pans entiers de territoire aux troupes gouvernementales, qui ont également envoyé des renforts autour d'un bastion kurde du nord-est.
Au vu de ces évolutions sur le terrain, l'armée américaine a dit vouloir transférer en Irak jusqu'à 7000 suspects de l'EI, auparavant détenus par les combattants kurdes syriens.
Des Européens figuraient parmi les 150 détenus haut placés de l'EI qui ont été les premiers à être transférés mercredi, et deux responsables irakiens ont déclaré à l'AFP qu'un deuxième groupe «comptant jusqu'à 1000 détenus de l'EI» était en cours de transfert samedi.
Le ministre turc des affaires étrangères, Hakan Fidan, dont le pays soutient Damas, avait déclaré vendredi qu'une prolongation du cessez-le-feu pouvait être envisagée le temps du transfert des détenus de l'EI vers l'Irak.
En 2014, l'EI s'était emparé de vastes territoires en Syrie et en Irak, commettant massacres et exactions, avant sa défaite en Syrie en 2019 face aux FDS appuyées par une coalition internationale dominée par les Etats-Unis.
Proposition kurde
La trêve entre Damas et les FDS s'inscrit dans le cadre d'un accord plus large annoncé dimanche par le pouvoir syrien qui vise à intégrer les institutions civiles et militaires kurdes au sein de l'Etat.
Cet accord, pour lequel les Kurdes syriens doivent présenter un plan d'application, porte un coup aux espoirs d'autonomie de cette minorité, qui avait instauré une zone autonome dans le nord et le nord-est durant la guerre civile (2011-2024).
Le président islamiste syrien, Ahmad al-Chareh, s'affirme déterminé à reprendre le contrôle de l'ensemble du territoire national, après avoir renversé en décembre 2024 le pouvoir de Bachar al-Assad.
Les FDS ont soumis une proposition à Damas via l'émissaire américain pour la Syrie, Tom Barrack, a indiqué à l'AFP la source kurde. Selon elle, cette proposition intègre la demande du gouvernement de le laisser contrôler les points de passage frontaliers et réclame qu'une partie de ces recettes, dont celles du pétrole, soit allouée aux régions à majorité kurde.
Délogés d'Alep plus tôt en janvier après des combats meurtriers, puis des provinces à majorité arabe de Raqa et Deir Ezzor cette semaine, les FDS, bras armé de l'administration autonome kurde, se sont repliées au coeur de leur zone, à Hassaké. Des troupes syriennes ont pris position tout autour.
Samedi, le gouvernement syrien a libéré au moins 126 mineurs détenus dans une prison pour détenus de l'EI précédemment gérée par les Kurdes dans la province de Raqa. (dal/ats/afp)
