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Retour sur les événements récents à l'origine de la situation à Gaza

Le conflit qui oppose les Israéliens aux Palestiniens dure depuis bien longtemps. Et si vous n'avez pas tout compris au pourquoi du comment, voici un bref résumé de la situation.
08.08.2022, 15:3808.08.2022, 17:45

Depuis 2015, la ville de Gaza est le théâtre de conflits entre Israéliens et Palestiniens. Des années de conflit dont il est difficile de comprendre l'origine. Pour ce faire, voici un bref résumé de ce qui a mené à cette situation.

Attaques à l'arme blanche

En septembre 2015, un an après la troisième guerre menée par Israël dans la bande de Gaza, l'esplanade des Mosquées – troisième lieu saint de l'islam situé à Jérusalem-Est et annexé par Israël en 1967 – est le théâtre de trois jours de heurts entre Palestiniens et policiers israéliens.

Le 1er octobre de la même année, un couple de colons est tué par des tirs palestiniens contre leur véhicule en Cisjordanie occupée. Le 9, les violences gagnent la bande de Gaza, où sept Palestiniens sont tués par des tirs israéliens. Le lendemain, Israël affirme avoir déjoué un attentat, puis mène un raid en représailles à un tir de roquette, tuant une Palestinienne enceinte et sa fillette.

Ici, la bande de Gaza.
Ici, la bande de Gaza.Image: Google maps

D'octobre 2015 à fin 2016, les violences coûtent la vie à 240 Palestiniens et 36 Israéliens. Selon l'Etat hébreu, la plupart des Palestiniens tués sont des auteurs ou auteurs présumés d'attaques anti-israéliennes. Celles-ci sont souvent menées à l'arme blanche en Cisjordanie, territoire palestinien qu'Israël occupe depuis 1967, à Jérusalem ou en Israël même.

Esplanade des Mosquées

En 2017, le 14 juillet, trois Arabes israéliens tuent deux policiers à Jérusalem, avant d'être abattus sur l'esplanade des Mosquées. Israël assure que les armes utilisées avaient été cachées sur l'esplanade et en ferme l'accès durant deux jours. Le 16 du mois, les autorités israéliennes décident de mettre en place de nouvelles mesures de sécurité sur le lieu saint et installent des détecteurs de métaux et des caméras à ses entrées.

De nombreuses manifestations s'ensuivent, et le 21 juillet, des heurts entre forces israéliennes et manifestants palestiniens font trois morts palestiniens à Jérusalem-Est ainsi qu'en Cisjordanie. Sous la pression internationale, Israël annule quatre jours plus tard toutes les nouvelles mesures de sécurité.

Le «droit au retour»

A partir du 30 mars 2018, des rassemblements hebdomadaires ont lieu à Gaza le long de la barrière de sécurité gardée par l'armée israélienne. Les manifestants réclament «le droit au retour» des Palestiniens chassés de leurs terres ou qui ont fui après la création d'Israël en 1948, ainsi que la levée du blocus israélien sur l'enclave, en vigueur depuis 2007.

Le 14 mai 2018, le jour du transfert de l'ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, une soixantaine de Palestiniens sont tués par l'armée israélienne lors de manifestations dans la bande de Gaza. De mars 2018 à fin 2019, près de 350 Palestiniens ont été tués par des tirs de l'armée israélienne. Huit Israéliens ont été tués.

Heurts à Jérusalem-Est et guerre à Gaza

Le 3 mai 2021, des heurts éclatent à nouveau, cette fois dans le quartier de Cheikh Jarrah, proche de la Vieille Ville, à Jérusalem-Est. Ils ont eu lieu en marge d'une manifestation de soutien à des familles palestiniennes menacées d'éviction au profit de colons juifs. Du 7 au 10 mai, environ 900 Palestiniens sont blessés dans des heurts avec la police israélienne sur l'esplanade des Mosquées.

Le 10 mai, le Hamas tire par «solidarité» avec ce soulèvement des centaines de roquettes sur Israël, y compris vers Tel-Aviv et Jérusalem. En représailles, l'armée israélienne enclenche une vaste opération de frappes aériennes et terrestres sur la bande de Gaza.

Du 10 au 21 mai 2021, 260 Palestiniens sont tués par des frappes israéliennes dans la bande de Gaza, selon les autorités locales. En Israël, les tirs de roquettes depuis Gaza ont fait 13 morts, d'après l'armée. En 11 jours, 25 Palestiniens ont également été tués par les forces israéliennes en Cisjordanie.

«Vaincre la terreur»

Le 22 mars 2022, quatre personnes sont tuées dans une attaque au couteau et à la voiture bélier à Beersheva, principale ville du désert du Néguev, dans le sud d'Israël. L'assaillant est mortellement blessé par des civils armés. Plusieurs attaques palestiniennes sanglantes sont ensuite menées en Israël et en Cisjordanie dans lesquelles 19 personnes, en majorité des civils, ont perdu la vie. Au cours de la même période, au moins 55 Palestiniens ont été tués, principalement en Cisjordanie occupée.

Le Djihad islamique

Le 1er août dernier, les autorités israéliennes arrêtent l'un des chefs du groupe Djihad islamique, Bassem al-Saadi, en Cisjordanie. Le 5 du mois, l'armée israélienne lance une opération, présentée comme «préventive» contre le mouvement, au cours de laquelle ses principaux chefs militaires à Gaza, Tayssir Al-Jabari et Khaled Mansour, sont tués, de même que plusieurs combattants du groupe.

En 3 jours, ce sont 44 Palestiniens, dont 15 enfants, qui ont été tués dans des frappes israéliennes sur l'enclave et 360 blessés. Pour tenter de calmer les événements, l'Egypte a négocié une trêve. Celle-ci est entrée en vigueur dimanche 7 août. (ats/sia)

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