Fraude électorale en Israël: la justice demande des preuves
La procureure générale en Israël a appelé mardi les services de renseignements intérieur (Shin Bet) à partager l'avancée de leur enquête sur les soupçons de fraude électorale visant les partis arabes israéliens. Elle a assuré qu'aucun élément n'avait pour l'heure été transmis.
«Dans un Etat de droit, il n'est pas possible d'enquêter sur des citoyens ou des élus sans disposer d'éléments de preuve qui le justifient. Si le Shin Bet ou toute autre autorité détient un élément de preuve justifiant l'ouverture d'une enquête, il est invité à le présenter», a déclaré Gali Baharav-Miara, selon un communiqué transmis aux médias par sa porte-parole.
Ce rare communiqué survient après que des médias aient annoncé mardi soir que le chef du Shin Bet, David Zini, un proche de Netanyahou, avait demandé à interroger les chefs des partis arabes dans le cadre de l'enquête sur des soupçons de fraude électorale, durant les élections législatives de mardi dernier.
«Toute personne qui doit être interrogée le sera, mais personne ne fera l'objet d'une enquête en l'absence d'éléments probants», a ajouté Baharav-Miara, qui a accusé le Shin Bet de ne pas avoir transmis les éléments de l'enquête «à l'équipe spéciale d'investigation» sous sa supervision.
Le bloc d'opposition accusé d'inciter à la rébellion
Le Likoud a réagi au communiqué de la procureure l'accusant de «faire obstruction à l'enquête». «Elle continue de faire obstruction à l'enquête et de couvrir cette grave affaire de manipulation du processus électoral par des facteurs étrangers», ajoute le communiqué.
«Avec le soutien implicite de Baharav-Miara, nous voyons Gadi Eisenkot, Yaïr Golan et les dirigeants du bloc de gauche inciter à la rébellion contre les responsables des services de sécurité israéliens», a accusé encore le Likoud.
Eisenkot avait affirmé plus tôt sur X que «le Likoud et Netanyahou tentent de commettre un véritable pogrom contre la démocratie et l'État de droit». (ats/afp)
