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Tout le gang de Trump doit comparaître en justice. Mais qui sont-ils?

Michael Flynn, Angela McCallum, Bernard Kerik et John Eastman font partie du cercle restreint des partisans de Trump devant se présenter devant la commission.
Michael Flynn, Angela McCallum, Bernard Kerik et John Eastman font partie du cercle restreint des partisans de Trump devant se présenter devant la commission.Image: Keystone
Plusieurs membres du cercle restreint des partisans de Donald Trump doivent témoigner devant la commission du 6 janvier, qui enquête sur l'assaut du Capitole de début 2021. Voici leurs profils, et de quoi ils sont accusés.
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11.11.2021, 18:3711.11.2021, 18:42
Philipp Löpfe
Philipp Löpfe
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Six nouvelles citations à comparaître ont été envoyées par le Comité d'enquête de l'assaut du Capitole du 6 janvier. Les destinataires font partie du cercle restreint des partisans de Donald Trump. Voici leurs noms: Michael Flynn, John Eastman, Bernard Kerik, Bill Stepien, Jason Miller et Angela McCallum. Mais alors qui sont-ils et de quoi sont-ils accusés?

Michael Flynn

Michael Flynn est un ancien général des services de renseignement. Il a soutenu Donald Trump dès le début de sa campagne électorale et a été récompensé par le poste de conseiller à la sécurité nationale. Sauf qu'il a commis une erreur qui lui a été fatale: avant même d'entrer en fonction, Michael Flynn a téléphoné à l'ambassadeur russe de l'époque, violant ainsi non seulement la tradition mais aussi la loi.

C'était la belle époque: Michael Flynn et Steve Bannon dans le Bureau ovale de la Maison Blanche.
C'était la belle époque: Michael Flynn et Steve Bannon dans le Bureau ovale de la Maison Blanche. Image: AP

Mais ce n’est pas tout: Michael Flynn a ensuite menti au FBI. Ce qui constitue également une infraction pénale. Il a alors plaidé coupable, mais a finalement été gracié par le président Trump.

Déjà pendant la campagne électorale, Flynn s'était fait remarqué avec des déclarations confuses sur le terrorisme islamique. Après la défaite électorale de Trump, il n'a pas seulement rejoint le groupe Facebook «Stop the Steal», mais a aussi ouvertement prôné une intervention militaire en faveur de Donald Trump. Le 18 décembre, il a également participé à une réunion dans le Bureau ovale. Là, les participants ont discuté de la manière dont ils pourraient saisir les machines de vote et prendre d'autres mesures pour faire basculer le résultat en faveur de Trump.

John Eastman

John Eastman est un juriste conservateur. Un véritable inconnu jusqu'à la publication du livre Peril. Cependant, les auteurs, Bob Woodward et Robert Costa, révèlent qu'il a rédigé un mémorandum exhortant le vice-président de l'époque, Mike Pence, à mettre en attente la certification des votes électoraux. Aujourd'hui, John Eastman prétend qu'il s'agissait simplement d'un brouillon.

Bernard Kerik

Bernard Kerik était chef de la police de New York sous l'ère Rudy Giuliani. Il a ensuite été condamné à plusieurs années de prison pour corruption. Il a également été gracié par Trump. Bernard Kerik était chargé d'organiser le centre de commandement de l'assaut à l'hôtel Willard à Washington.

Bill Stepien et Jason Miller

Bill Stepien était le directeur de campagne de Trump. Après la défaite électorale, il a géré l'opération «Stop the Steal», soutenu par Jason Miller, conseiller de longue date de Trump.

Angela McCallum

Et finalement, Angela McCallum qui était une jeune assistante dans l'équipe de Trump. Pas de bol pour elle: un enregistrement d'une conversation téléphonique dans laquelle elle demande aux parlementaires de l'Etat du Michigan de ne pas accepter l'élection a été dévoilé.

Un objectif clair

Avec ces citations à comparaître, il est évident que le comité a un objectif clair. Barbara McQuade, ancienne procureure et professeure de droit, a déclaré au New York Times: «Les membres de la commission concentrent leur stratégie sur l'hôtel Willard. C'était le centre de commandement de l'assaut. Une question se pose par conséquent: qui exactement s’est occupé d'empêcher la certification des élections? L'enregistrement d'Eastman demeure une preuve solide.»

Comme on le sait, l'ancien stratège en chef de Trump, Steve Bannon, a déjà été appelé à comparaître. Mais il n'a pas répondu à la convocation et n'a pas hésité à faire un grand doigt d'honneur en guise de refus. Il fait maintenant l'objet de poursuites pénales de la part du ministère de la Justice.

D'autres suivront-ils l'exemple de Bannon? Bernard Kerik a déjà certifié qu'il témoignerait. Il ne semble néanmoins pas avoir de remords. «Je ne me laisserai pas intimider et personne ne pourra me faire taire», a-t-il déclaré. Dans le même temps, il a défendu une fois de plus le «Big Lie» : «Nous voulons simplement mettre en lumière les irrégularités des élections».

Bernard Kerik (à gauche) avec Rudy Giuliani.
Bernard Kerik (à gauche) avec Rudy Giuliani. Image: keystone

Il est probable que Flynn suive l'exemple de Bannon. Comme lui, il s'appuierait sur le «privilège exécutif». Ce qui signifie qu'il aurait discuté avec le président de choses devant rester secrètes pour le public.

Mais ce privilège est un peu délicat. D'abord, il ne peut être revendiqué que par le président en fonction, et Joe Biden l'a déjà refusé. Deuxièmement, il est uniquement destiné aux membres du gouvernement, ce qui n'est le cas d'aucun d'entre eux.

Jeffrey Clark invoque également le «privilège présidentiel». Il est un ancien fonctionnaire du ministère de la Justice et voulait faire modifier l'élection en faveur de Trump au dernier moment. Sauf que cela n'a pas fonctionné. Il doit donc également répondre au comité. Du coup, Clark a fait une «demi Bannon». C'est-à-dire qu'il a comparu devant la commission tout en refusant de répondre aux questions qui lui ont été posées. Aujourd'hui, une seconde chance lui est offerte pour se racheter. Une récidive entraînerait également des poursuites pénales.

Enfin, Trump veut aussi revendiquer ce «privilège exécutif». Sa demande porte sur la divulgation des protocoles relatifs aux événements du 6 janvier, qui se trouvent dans les archives de la Maison Blanche. D'un point de vue juridique, la demande de l'ex-président n'a aucune chance d'aboutir. En faisant cela, il ne cherche ainsi qu'à retarder la procédure avec l'espoir que les républicains retrouveraient la majorité des voix lors des prochaines élections de mi-mandat. Ils pourraient annuler tout le processus.

Militants Antifa déguisés

On peut toutefois se demander si ce calcul fonctionnera. Le comité met les bouchées doubles et souhaite présenter les résultats au plus tard l'été prochain.

Marjorie Taylor Greene va rendre visite aux héros patriotiques en prison.
Marjorie Taylor Greene va rendre visite aux héros patriotiques en prison. Image: keystone

Pendant ce temps, les partisans purs et durs de Trump et leurs alliés dans les médias conservateurs ont une fois de plus changé leur version des événements du 6 janvier. Pour eux, la foule présente au Capitole n'était pas composée de partisans de Trump mais de militants Antifa déguisés. Ils ont, par ailleurs, accusé le FBI d'avoir secrètement orchestré l'assaut du Capitole.

Récemment, ils ont admis que les assaillants du Capitole étaient effectivement des partisans de Trump. Or selon eux, il ne s'agissait en aucun cas d'une tentative de coup d'État, mais plutôt d'une tentative désespérée de la part de héros patriotiques, dont la plupart tentaient pacifiquement d'empêcher une fraude électorale. Accompagnée du présentateur de Fox News Tucker Carlson, la députée Marjorie Taylor Green compte rendre visite à «ces héros» en prison pour leur apporter du soutien.

Traduit par Anne Castella

L'assaut du Capitole en images

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L'assaut du Capitole en images
source: epa / michael reynolds
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