International
Justice

Un rappeur iranien échappe à la peine capitale

La justice iranienne annule la condamnation à mort d'un rappeur

La Cour suprême iranienne a annulé la sentence du rappeur Toomaj Salehi. Il est emprisonné depuis plus d'un an et demi pour son soutien au mouvement de protestation de 2022.
22.06.2024, 15:47
FILE - Protesters attend a rally against a death sentence given to a popular rapper in Iran and to support to the women of Iran, in Berlin, Germany, April 28, 2024. Lawmakers are introducing legislati ...
Des sympathisants s'étaient mobilisés à Berlin fin avril 2024.Keystone

«La condamnation à mort (du rappeur) a été annulée», a indiqué samedi sur X son avocat, Me Amir Raïssian. Ce dernier a ajouté que la Cour suprême avait ordonné la tenue d'un nouveau procès.

«La Cour suprême a empêché une erreur judiciaire», s'est-il félicité.

Le chanteur de 33 ans, qui utilise son prénom comme nom de scène, avait été condamné à la peine capitale en avril par le tribunal révolutionnaire d'Ispahan (centre) pour «corruption sur Terre», l'un des chefs d'accusation les plus graves en Iran. Ses avocats avaient fait appel.

Cet autre artiste était aussi dans la tourmente:

Le verdict avait suscité de vives protestations à travers le monde et au sein de la communauté artistique du pays. Des manifestations de soutien avaient été organisées dans plusieurs villes du monde, notamment Toronto, Paris et Sydney.

À Genève, des experts indépendants des Nations unies s'étaient dits «alarmés» par la condamnation à mort du rappeur et par «les mauvais traitements présumés» commis à son encontre pendant sa détention.

«Incitation à la sédition»

Toomaj Salehi avait été arrêté en octobre 2022 et emprisonné dans la prison Dastgerd, dans sa province natale d'Ispahan, avant d'être condamné dans un premier temps à six ans et trois mois de prison.

Il avait été libéré en novembre 2023 mais arrêté de nouveau une dizaine de jours après.

Le jeune rappeur avait soutenu via ses chansons et sur les réseaux sociaux le mouvement de contestation déclenché après la mort en détention le 16 septembre 2022 de Mahsa Amini.

La justice avait accusé l'artiste d'«incitation à la sédition, rassemblement, conspiration, propagande contre le système et appel aux émeutes», selon son avocat.

Centaines de victimes

Plusieurs centaines de personnes, dont des membres des forces de l'ordre, ont été tuées et des milliers arrêtées au cours des grandes manifestations qui se sont tenues en octobre et novembre 2022 en Iran, avant de retomber.

Neuf personnes ont été exécutées en lien avec ce mouvement de protestation, selon des ONG. Six autres sont menacées d'exécution imminente, selon l'ONG Iran Human Rights.

En avril, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme avait demandé aux autorités iraniennes d'annuler la condamnation à mort du jeune rappeur, appelant à sa «libération immédiate et inconditionnelle». (vz/ats)

- Miranda Derrick et son mari dansent sur TikTok
Video: extern / rest
Ceci pourrait également vous intéresser:
Des tags racistes appelant à la «remigration» découverts à Paris
Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a saisi la justice après la découverte de plusieurs inscriptions sur des commerces. La Ville dénonce des messages d'extrême droite incitant à la haine raciale.
Le maire PS de Paris a annoncé samedi avoir saisi la justice après la découverte d'inscriptions racistes et xénophobes sur les façades de différents commerces où des tags faisaient «la promotion de la 'remigration'».
L’article