L'ONU accuse Israël de faire traîner la récupération des corps à Gaza
L'ONU déplore la lenteur de la récupération des restes humains près de trois ans après le début de l'offensive dans la bande de Gaza. Mardi à Genève, le haut-commissaire aux droits de l'homme Volker Türk a renvoyé Israël à sa responsabilité internationale.
Plus de 630 cadavres et restes humains ont été retrouvés depuis novembre 2025, après le cessez-le-feu, selon la Défense civile palestinienne. Mais les personnes portées disparues sous les décombres seraient plus de 8000, selon les estimations.
Et le chiffre, qui s'appuie surtout sur les indications des familles, pourrait être encore largement plus important, a affirmé à la presse à Genève un responsable du Haut-Commissariat aux droits de l'homme depuis la région. A ce rythme, «il faudra au moins dix ans» ou peut-être davantage encore pour récupérer tous les restes humains, a-t-il encore affirmé.
Pas de considération pour les défunts
«Il est navrant» que des proches aient déjà dû attendre aussi longtemps pour pouvoir vérifier le décès des individus retrouvés, affirme de son côté M. Türk. L'Etat hébreu refuse de laisser entrer des machines lourdes pour retirer les gravats.
En revanche, il utilise les siennes dans la zone militaire où il est déployé sans considération pour les défunts, insiste l'Autrichien.
Or, Israël a des obligations en termes de droit international pour chercher les personnes portées disparues et les victimes et évacuer les cadavres, ajoute le haut-commissaire. «Tous les efforts possibles doivent être menés pour documenter et identifier» ces personnes, «préserver les données scientifiques et les échantillons biologiques, enregistrer là où elles sont enterrées et relayer ces indications auprès de leurs familles», dit-il.
Il demande à nouveau un accès pour des enquêteurs internationaux pour récolter des preuves de violations pendant le conflit, y compris dans des sites détruits. Etant donné les affaires en cours devant la Cour internationale de justice (CIJ) et la Cour pénale internationale (CPI) sur la guerre dans le territoire palestinien depuis octobre 2023.
Le haut-commissaire rappelle un rapport de son bureau il y a deux ans qui montrait le recours à des bombes lourdes par Israël. Celui-ci affirmait que les frappes pourraient avoir violé le droit international humanitaire (DIH). L'Autrichien ajoute que les nombreuses dépouilles retrouvées relancent les inquiétudes sur des crimes de guerre et d'autres atrocités. (ats)
