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Le groupe de hackers LockBit a été démantelé par Interpol

«Nous avons hacké les hackers»: un puissant groupe démantelé

La page d'accueil du site de LockBit qui a été remplacée par les mots «ce site est maintenant sous le contrôle des forces de l'ordre».
La page d'accueil du site de LockBit qui a été remplacée par les mots «ce site est maintenant sous le contrôle des forces de l'ordre».Keystone
C'est un énorme coup de filet international dans le monde de la cybercriminalité. En Suisse, l'opération a été menée par l'Office fédéral de la police, la police cantonale zurichoise et le ministère public du canton de Zurich.
20.02.2024, 16:5320.02.2024, 18:23

Des milliers de victimes, des hôpitaux ou des mairies visés, des pertes totalisant des milliards d'euros... Le groupe de cybercriminels LockBit, présenté comme «le plus nuisible» au monde, a été démantelé lors d'une opération de police internationale, ont annoncé mardi les autorités de plusieurs pays:

«Après avoir infiltré le réseau du groupe, la NCA (agence de lutte contre la criminalité britannique, ndlr) a pris le contrôle des services de LockBit, compromettant la totalité de leur entreprise criminelle».

Leur rançongiciel a ciblé «des milliers de victimes à travers le monde» et causé des pertes qui au total se chiffrent en milliards d'euros en comptant les rançons versées et les coûts induits pour les victimes.

«Nous avons hacké les hackers», s'est félicité Graeme Biggar, directeur général de la NCA, annonçant la neutralisation de LockBit lors d'une conférence de presse à Londres.

Enormes rançons

LockBit a ciblé les infrastructures critiques et les grands groupes industriels, avec des demandes de rançon allant de 5 à 70 millions d'euros. En 2023, le groupe a notamment attaqué l'opérateur postal britannique et un hôpital canadien pour enfants, et en France les hôpitaux de Corbeil-Essonnes et Versailles en région parisienne.

Une rançon était exigée en cryptomonnaies pour décrypter et récupérer les données, sous peine de publication des données des victimes.

L'organisation a perçu plus de 120 millions de dollars de rançons au total, selon les Etats-Unis, où cinq personnes, notamment deux ressortissants russes, font l'objet de poursuites.

Selon le patron de la NCA, les investigations n'ont pas mis en évidence de «soutien direct» de l'Etat russe, mais ont néanmoins souligné une «tolérance» envers la cybercriminalité en Russie.

«Ce site est sous contrôle»

Selon la NCA britannique, plus de 200 comptes de cryptomonnaies liés au groupe ont été gelés et les enquêteurs ont obtenu plus de 1000 clés servant à décrypter les données afin de pouvoir les restituer à leurs propriétaires.

«Ce site est à présent sous contrôle des forces de l'ordre», indique un message sur un site de LockBit, précisant que la NCA britannique a pris la main sur le site, en coopération avec le FBI américain, Europol et les agences de neuf pays (Suisse, France, Japon, Canada, Australie, Suède, Pays-Bas, Finlande et Allemagne).

En novembre 2022, le ministère américain de la Justice (DoJ) avait qualifié le rançongiciel LockBit de «plus actif et plus destructeur des variants dans le monde».

Il y a un an, le réseau d'attaques au rançongiciel Hive avait été démantelé. Il était accusé d'avoir pris pour cible 1500 entités dans 80 pays et d'avoir collecté plus de 100 millions de dollars de rançons. (ats/jch)

Copin comme cochon: les cyberattaques
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