Ryan Regez s’était présenté aux Jeux olympiques avec de grandes ambitions. Champion olympique à Pékin il y a quatre ans, puis sacré champion du monde la saison dernière, le skicrosseur suisse savait ce dont il était capable dans les grands rendez-vous.
Même s’il n’a remporté qu’une seule épreuve de Coupe du monde depuis son titre olympique en 2022 et qu’il connaît un passage plus délicat cette saison, il restait convaincu de pouvoir briller. «Je sais exactement que j’aurais pu défendre mon titre ici», a déclaré le Bernois de 33 ans après l’épreuve de Livigno, au micro de la SRF.
Regez a toutefois échoué en demi-finale. Bien parti, il a vu ses espoirs de qualification pour la finale s’envoler à la suite d’une erreur. «J’ai très bien skié, les skis glissaient parfaitement, ce n’est pas là que ça s’est joué», a analysé le Bernois.
Les manches devenaient certes de plus en plus lentes et éprouvantes, mais là non plus ne se trouvait pas la cause de son élimination. «Au final, c’est simplement une erreur de trop. Et à ce niveau-là, ça ne pardonne pas, on passe à côté d’une médaille», a-t-il lâché, les larmes aux yeux.
L'interview de Regez:
Vidéo: SRF
L’un des sauts de Regez s’est révélé trop court, l’empêchant de franchir correctement la vague suivante. Il y a laissé beaucoup de vitesse. Plus encore, le fait d’avoir aussi compromis la course de l’Allemand Tim Hronek lui pesait visiblement après coup. «J’arrive un peu trop tard, je m’accroche avec l’Allemand et je le sors de la course. Ce n’était pas sportif de ma part, ce n’était pas correct. Si je pouvais revenir en arrière, je le ferais», a-t-il reconnu.
Le geste du Suisse:
Vidéo: SRF
Quant à son geste antisportif, qui lui a valu l’exclusion de la petite finale, Regez adopte la même résignation que pour son erreur: «C’est comme ça. Je ne peux malheureusement plus rien changer.» À plusieurs reprises, l’émotion le submerge. Plus encore lorsqu’il est interrogé sur sa famille, également présente.
«Ce n’est jamais simple d’aborder des sujets aussi émotionnels quand on a une caméra et un micro sous le nez. Je voulais être à la hauteur pour eux, pour moi, pour notre pays et pour notre équipe de skicross. J’aurais pu faire mieux, mais je suis vraiment heureux qu’ils soient là maintenant.»
Le champion du monde 2025 a tout de même trouvé un peu de réconfort dans le fait que la Suisse ait décroché deux médailles en skicross: l’argent pour Fanny Smith samedi et, désormais, le bronze pour Alex Fiva. «C’est incroyablement beau pour Alex. Je suis très heureux pour lui, et aussi pour Fanny», a confié Regez, avant d’ajouter, lucide: «Mais ça fait quand même encore un peu mal… même très mal.» (nih/jcz)