L'hiver est-il déjà fini en Suisse? Un météorologue répond
D’un coup, les manteaux s’ouvrent, les terrasses se remplissent et les lunettes de soleil ressortent timidement des tiroirs. Depuis ce week-end, la Suisse romande a basculé dans un épisode de douceur qui tranche avec le début d’année 2026, particulièrement frais et peu ensoleillé en plaine.
Derrière ce changement d’ambiance, une mécanique météo bien connue. «Le vent a tourné. C’est toujours à peu près la même chose: une masse d’air doux et sec remonte d’Afrique du Nord», explique Frédéric Glassey, météorologue chez MeteoNews. Cette masse d’air, poussée par un flux de sud à sud-ouest en altitude, remonte vers l’Espagne, la France et l’ensemble de l’Europe occidentale.
Résultat, une hausse progressive des températures, avec un pic attendu en milieu de semaine. En plaine, les maximales pourraient atteindre 15 à 17 degrés, voire 18 à Sion.
Parenthèse ou vrai changement?
Bonne nouvelle pour les amateurs de terrasses: cette douceur ne devrait pas disparaître du jour au lendemain. «A court terme, on va conserver cette douceur à basse altitude», indique Frédéric Glassey. Même si un front perturbé pourrait traverser la Suisse samedi et faire temporairement baisser le thermomètre, la tendance générale reste clairement au-dessus des normales de saison. Les modèles actuels vont même dans ce sens.
Le météorologue précise toutefois qu’il ne s’agit pas d’une vague de chaleur, mais d’une «anomalie de douceur» durable par rapport aux valeurs habituelles. Faut-il pour autant ranger définitivement les bonnets? Pas si vite. «On ne voit pas de perspective de retour d’un hiver musclé», observe Frédéric Glassey. Mais il rappelle que les projections hebdomadaires évoluent sans cesse:
Autrement dit, pas de grand retour du froid en vue selon les projections à l’instant T, mais la météo garde toujours une part d’imprévisible.
Un début d’année plus froid que les précédents
Ce redoux est d’autant plus perceptible qu’il intervient après un début d’année particulièrement frais en plaine. A Lausanne, seules quelques journées ont dépassé la barre symbolique des 10 degrés depuis le 1er janvier. «Sur les 50 premiers jours de l’année, on en compte seulement quatre au-dessus de 10 degrés, contre une quinzaine parfois sur les cinq dernières», détaille Frédéric Glassey.
L’ensoleillement a lui aussi joué la carte de la discrétion, avec environ 2h30 de soleil par jour en moyenne depuis janvier. Des chiffres bien en dessous de ceux observés lors de certains hivers récents.
Le calendrier, lui, est clair: le printemps météorologique commence le 1er mars. «Il débute plutôt de manière printanière», constate Frédéric Glassey. Mais attention aux faux espoirs:
Et la neige dans tout ça?
En montagne, la douceur va forcément laisser des traces sur le manteau neigeux, très généreux ces dernières semaines. «La neige va se tasser et devenir plus humide», explique le météorologue. Avec des températures grimpant à plus de 10 degrés vers 1500 mètres et une limite du zéro degré autour de 3000 mètres, la neige prendra progressivement une texture de printemps.
Les nuits encore fraîches permettront de freiner le phénomène, tout comme l’air relativement sec, moins propice à une fonte rapide qu’en situation pluvieuse. Par ailleurs, quelques chutes de neige sont à prévoir courant mars en montagne. De quoi peut-être sauver les meubles pour espérer skier en avril.
Alors, la météo en Suisse romande a-t-elle officiellement rangé les manteaux au placard? Un avant-goût de printemps, oui, sans aucun dooute. Un printemps officiel et irréversible? Le météorologue ne mettra pas sa main à couper. «On en reparle dans un mois!»
