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France: un street medic frappé par des CRS raconte

epa13311753 French police intervene during clashes with protesters at a demonstration against rising living costs and cuts to public services in Paris, France, 17 October 2026. The nationwide mobiliza ...
Des policiers en action à Paris, lors des débordements du 17 octobre (illustration).Keystone

«Inadmissible»: un «street medic» frappé par des CRS raconte

Un «street medic», terme désignant les bénévoles qui soignent les blessés en manifestation, a été frappé à la tête par des CRS le 17 octobre dernier à Paris. Donné pour mort sur les réseaux sociaux, il raconte.
21.10.2026, 18:0121.10.2026, 18:01
Thibault MARCHAND, paris / afp

Donné pour mort par de nombreux internautes après avoir été frappé par des CRS lors des manifestations du 17 octobre à Paris, un «street medic» prénommé Antoine a raconté à l'AFP avoir perdu connaissance sous les coups, avant de se réveiller dans un véhicule des pompiers.

Une vidéo partagée des centaines de milliers de fois sur Instagram, TikTok ou X le montre face à une ligne de CRS, bras écartés et criant être «medic», un des bénévoles qui soignent les blessés en manifestation.

Le jeune homme reçoit alors du gaz lacrymogène, puis des coups de bouclier et de matraque. D'autres images le montrent ensuite chuter, la tête près d'un bloc de béton, puis être traîné au sol, inerte, vers les lignes policières.

Dès dimanche, des comptes sur les réseaux sociaux affirmaient qu'il était l'homme dont le parquet de Paris avait annoncé la mort samedi dans le 10e arrondissement, non loin de la place de la République.

«Inadmissible»

Ce technicien du son habitant le Val-de-Marne, qui ne souhaite pas donner son identité complète, a expliqué mardi à l'AFP avoir voulu s'interposer devant un canon à eau entouré de CRS, au cœur des échauffourées.

«Je me suis dit qu'un medic qui s'interpose pour éviter encore une escalade de la violence, c'était symbolique», a-t-il raconté, constatant que «ça n'a pas fonctionné». Visé par du gaz lacrymogène, il s'est retourné vers un CRS «pour lui hurler dessus que j'étais medic et que c'était inadmissible», poursuit Antoine. Il ajoute:

«Après ça, un de ses collègues m’a tapé derrière la tête»
Antoine

Ancien sapeur-pompier volontaire et disposant d'une formation en premiers secours, il ne garde qu'un «souvenir très vague» de la suite. «Quelqu'un me demandait de lui serrer la main. C'est tout ce dont je me souviens» jusqu'au réveil dans un véhicule des pompiers, explique-t-il.

«Tout va bien»

Dès lundi, une vidéo publiée par la chaîne YouTube «L'Urne de rue» le montrait conscient lors de sa prise en charge, contribuant à apaiser les craintes sur son décès. Le «medic» a lui-même démenti lundi soir sur Instagram.

Après avoir initialement refusé d'aller à l'hôpital «malgré le conseil des pompiers», il s'y est rendu lundi en raison de violents maux de tête, a-t-il précisé à l'AFP.

«Rien de grave. Tout va bien», a-t-il assuré, tout en s'attendant à des «retombées assez solides» psychologiquement. Il a ajouté ne pas envisager de porter plainte, par crainte que son nom soit «traîné dans la boue». De son côté, le parquet de Paris a indiqué à l'AFP:

«Considérant ses blessures sur les images, une enquête des chefs de violence par personne dépositaire de l’autorité publique a été ouverte par la section protection des libertés fondamentales du parquet de Paris le 21/10/26 et confiée à l’IGPN.»

L'homme mort samedi, âgé de 59 ans, a été pris en charge par les pompiers à 18h20 boulevard Magenta, a précisé à l'AFP la préfecture de police. Il a succombé «après un malaise sur la voie publique», selon le parquet, sollicité par l'AFP.

Un homme de 48 ans est également mort dans la nuit de dimanche à lundi dans le quartier des Halles. Des enquêtes ont été ouvertes pour déterminer les causes de ces deux décès, selon le parquet et la préfecture de police.

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Video: watson
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