Israël: la Cour suprême condamne l’attaque contre le domicile d’un de ses juges
La Cour suprême israélienne a dénoncé jeudi l'assaut mené sur le domicile de son vice-président par des juifs ultra-orthodoxes opposés à la conscription. Elle a estimé qu'il s'agissait d'une «attaque contre l'Etat de droit» et du franchissement d'une «ligne rouge».
Des dizaines de juifs ultra-orthodoxes ont été interpellés après avoir attaqué mercredi soir le domicile du juge Noam Sohlberg à Alon Shvout, colonie israélienne de Cisjordanie occupée, pour protester contre l'arrestation de membres de leur communauté refusant de servir dans l'armée, selon la police.
Celle-ci a indiqué avoir dépêché des agents «à la suite d'une atteinte à l'ordre public et de dégâts causés au domicile et aux biens» de Noam Sohlberg, «par des dizaines d'émeutiers».
«Les actes de violence grave dirigés contre le vice-président et sa famille constituent en réalité une attaque contre l'ensemble du système judiciaire et contre l'Etat de droit en Israël», a déclaré Amit, déplorant qu'une «ligne rouge» ait été «franchie».
Projet de loi
Des images publiées par des médias israéliens montrent des vitres brisées et des pots de fleurs fracassés près de l'entrée de la maison, ainsi qu'une voiture à la vitre cassée.
Lors d'un appel avec le juge, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a également condamné l'attaque.
Son gouvernement devait faire voter une loi afin d'enrôler les juifs ultra-orthodoxes, largement exemptés de service militaire. Mais le Premier ministre, tributaire de ses alliés ultra-orthodoxes pour se maintenir au pouvoir, a jusqu'ici repoussé l'adoption d'un tel texte, privilégiant un projet de loi qui permettrait au contraire aux ultra-orthodoxes d'échapper au service militaire.
La Cour suprême a contesté à plusieurs reprises cette exemption et depuis 2024 une décision prévoit sa fin.
Le juge Sohlberg a à plusieurs reprises reproché à la police de ne pas agir avec suffisamment de fermeté contre les réfractaires au service militaire.
Ces dernières semaines, de jeunes juifs ultra-orthodoxes déserteurs ont été arrêtés, provoquant des manifestations à l'appel de groupes radicaux et le blocage d'axes routiers dans le pays.
En avril, un groupe de manifestants avait déjà pris d'assaut le domicile du chef de la police militaire.
Le chef du parti ultra-orthodoxe «Judaïsme unifié de la Torah» Yitzhak Goldknopf a estimé que l'attaque était «contraire aux valeurs de la Torah (loi juive)». (dal/ats/afp)
