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Les Latinos lâchent Trump et pourraient faire basculer le Texas

En 2024, Donald Trump a séduit davantage d'électeurs latinos que presque aucun autre candidat républicain avant lui. Deux ans plus tard, leur soutien s'effrite, à quelques mois des élections ...
Les électeurs latinos, qui avaient largement contribué à la victoire de Donald Trump en 2024, se détournent progressivement du président américain.Image: montage watson

Les Latinos lâchent Trump et pourraient faire basculer le Texas

En 2024, Donald Trump a séduit davantage d'électeurs latinos que presque aucun autre candidat républicain avant lui. Mais, deux ans plus tard, leur soutien s'effrite — à quelques mois des élections de mi-mandat.
02.11.2026, 05:3302.11.2026, 07:02
Natasha Hähni

Il y a deux ans, Caleb De La Torre faisait partie de ces jeunes hommes latinos qui ont contribué à ramener Donald Trump à la Maison-Blanche.

Aujourd'hui, il regrette son choix. «Voter pour Trump était une erreur», affirme ce jeune homme de 25 ans. Il rentre chez lui après une nuit de travail dans la logistique, près d'Austin, au Texas. Pour les élections de mi-mandat, il n'a pas l'intention de se rendre aux urnes.

A woman holds up a "Latinos for Trump," sign during a campaign rally for President Donald Trump, Tuesday, Aug. 18, 2020, in Yuma, Ariz. (Randy Hoeft/The Yuma Sun via AP)
Depuis le début de son second mandat, les électeurs latinos tournent de plus en plus le dos à Donald Trump.Image: keystone

Le jeune homme appartient ainsi à un groupe d'électeurs qui donne actuellement du fil à retordre aux républicains. Parmi les électeurs latinos qui avaient encore choisi Trump en 2024, le taux d'approbation de son action à la présidence est passé de 93 à 57%, selon un récent sondage du Pew Research Center. Beaucoup critiquent notamment le durcissement de sa politique d'expulsions.

Caleb De La Torre, Trump-Wähler aus Texas.
Caleb De La Torre, ex-électeur de Donald Trump au Texas.Image: zvg

Au Texas, cette question a particulièrement mobilisé la population. En juillet, un agent de l'ICE a abattu à Houston Lorenzo Salgado Araujo, un ouvrier du bâtiment de 52 ans.

Les autorités ont invoqué la légitime défense, mais ses proches et un témoin oculaire contestent cette version des faits. L'enquête est toujours en cours.

Depuis, le lieu où il a été tué est devenu un mémorial. Au milieu des fleurs et des bougies, des centaines d'autocollants «I Voted» (j'ai voté) ont été déposés. Le Washington Post fait état d'une participation électorale inhabituellement élevée dans ce quartier majoritairement habité par des Latinos.

ICE et guerres

Selon le Pew Research Center, 62% des électeurs latinos tous camps confondus estiment que le gouvernement va trop loin dans sa politique d'expulsions. Et cette proportion atteint même 30% chez ceux qui avaient voté pour Trump en 2024. Mais cette diaspora ne forment pas un bloc politique homogène.

Le Texas illustre particulièrement bien la diversité des opinions sur l'immigration et sur Donald Trump.

Le Washington Post est allé à la rencontre d'anciens partisans de Trump dans le comté de Starr, à la frontière mexicaine, dont la population est presque entièrement latino. Certains n'approuvent que certains aspects de sa politique migratoire et rejettent notamment l'expulsion de résidents installés depuis longtemps aux Etats-Unis. D'autres ont pris leurs distances avec les deux partis. C'est aussi le cas de De La Torre.

Son histoire familiale rend sa position sur l'immigration particulièrement remarquable. Son père et ses grands-parents sont arrivés du Mexique aux Etats-Unis, initialement sans papiers. Selon De La Torre, certains membres de sa famille vivent encore aujourd'hui dans le pays sans statut de séjour régulier. Pourtant, les raids de l'ICE ne sont pas la raison pour laquelle il regrette d'avoir voté pour Trump.

Il y a deux ans, De La Torre expliquait qu'il pourrait revoir sa position si sa famille venait à être visée par une opération de l'ICE. Cela ne s'est pas produit jusqu'à présent. «Ils vont bien. Ils sont toujours aux Etats-Unis», explique-t-il.

Si lui a pris ses distances avec Trump, c'est en fait pour une toute autre raison: «La guerre contre l'Iran, à 100%», affirme-t-il. Il ne comprend pas pourquoi les Etats-Unis se sont retrouvés entraînés dans ce conflit.

Il reproche surtout à Trump d'avoir, selon lui, trahi l'une de ses principales promesses: tenir les Etats-Unis à l'écart de nouvelles guerres. Sa priorité est désormais claire: «Sortir de cette guerre.» A ses yeux, Trump est passé du statut de président qui aurait pu marquer l'histoire à celui de «plus grande déception de tous les temps».

Cette déception ne le pousse toutefois pas vers les démocrates. Leurs candidats sont trop à gauche à ses yeux, tandis que les républicains ne parviennent pas davantage à le convaincre.

De La Torre restera donc chez lui lors des prochaines élections de mi-mandat. Son abstention s'inscrit dans un mouvement qui pourrait offrir aux démocrates une occasion historique: avec James Talarico, ils pourraient remporter une victoire notable au Sénat du Texas pour la première fois depuis près de 40 ans.

Vague de froid au Texas
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