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Giorgia Meloni désavouée par son propre camp

La première ministre, Georgia Meloni.
La première ministre, Georgia Meloni.Image: Francisco Seco

Giorgia Meloni doit gérer l'infidélité de ses partenaires

La présidente du Conseil italien a subi une défaite cuisante au Parlement. En jeu: l'examen de la réforme du mode de scrutin.
16.07.2026, 16:5116.07.2026, 16:51
Dominik Straub, Rom / ch media

Les députés de l'opposition italienne ont vivement appelé mercredi soir à des élections anticipées. Ils ont bondi de leurs bancs à l'issue d'un vote sur une réforme du système électoral, avant de s'embrasser spontanément de joie. La cheffe du Parti démocrate (PD), Elly Schlein, ainsi que le dirigeant du Mouvement 5 étoiles, l'ancien président du Conseil Giuseppe Conte, ont eux aussi réclamé des élections immédiates.

«La coalition de Giorgia Meloni lui a retiré sa confiance. Elle doit démissionner de son poste de présidente du Conseil»
Elly Schlein et Giuseppe Conte

Mais au regard de l'enjeu, relativement limité, on peut trouver l'euphorie de l'opposition quelque peu excessive. Giorgia Meloni a échoué à faire adopter une proposition visant à introduire le vote préférentiel. Et ce, de justesse: 187 députés ont voté en faveur du texte du gouvernement, contre 188. La possibilité pour les électeurs de choisir personnellement certains candidats, au lieu de se contenter des listes préétablies par les partis, suscitait de fortes réticences depuis le départ. Cette retenue n'émanait pas seulement de l'opposition parlementaire, mais aussi, et surtout, de la coalition de droite de Giorgia Meloni.

Le vote s'annonçait donc serré dès le départ, malgré la confortable majorité gouvernementale au Parlement. Mais cet échec ne suffit pas à déclencher une crise gouvernementale. Giorgia Meloni doit en revanche digérer l'infidélité de ses partenaires de coalition de la Ligue et de Forza Italia. Ils lui avaient promis de soutenir cette proposition, or, lors du vote à bulletins secrets, entre 30 et 40 de leurs élus ne l'ont pas fait, poignardant ainsi la dirigeante dans le dos. Elle a réagi à ce «friendly fire»: «Nous avons essayé. Une fois de plus, les vieux réflexes politiques l'ont emporté».

Pas d'élections anticipées en vue

Mercredi, Luca Ciriani, ministre chargé des Relations avec le Parlement, a précisé que l'opposition pouvait abandonner tout espoir d'élections anticipées.

«Nous n'avons aucune intention d'interrompre l'action de notre gouvernement. Nous sommes fiers de la stabilité politique que nous avons apportée au pays»

Après 1363 jours au pouvoir, Giorgia Meloni dirige déjà le deuxième gouvernement le plus long de l'Italie d'après-guerre. Il ne lui manque plus que 50 jours pour dépasser le record détenu par Silvio Berlusconi. La dirigeante de 49 ans des Fratelli d'Italia ne voudra certainement pas rater cette occasion.

Cette défaite sur la réforme électorale n'en reste pas moins douloureuse. Le fait qu'une trentaine de «tireurs embusqués» issus de sa propre majorité – c'est ainsi que les médias italiens qualifient traditionnellement les élus qui s'écartent de la ligne officielle lors d'un vote secret – lui aient refusé leur soutien représente une perte d'autorité non négligeable. Elle avait déjà subi un sérieux revers en mars dernier, lorsque les électeurs italiens avaient largement rejeté sa réforme de la justice lors d'un référendum. De nombreux électeurs des partis de droite avaient également désavoué le projet, jugé autoritaire par ses détracteurs.

A environ un an des prochaines législatives – dont la date n'a pas encore été fixée par le président de la République, Sergio Mattarella –, Giorgia Meloni n'est plus aussi solidement installée qu'au cours de ses trois premières années de mandat. Fratelli d'Italia reste certes, et de loin, le premier parti dans les sondages, avec environ 30% des intentions de vote.

Mais la coalition gouvernementale doit désormais composer avec un nouveau concurrent: l'ancien général d'extrême droite, Roberto Vannacci, qui pourrait compromettre la réélection de la dirigeante. Pour l'heure, on ignore si le gouvernement retentera de faire adopter le vote préférentiel dans le cadre de la réforme.

(Traduit et adapté par Valentine Zenker)

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