Jens Spahn quitte la tête des députés conservateurs allemands
Le chef des députés conservateurs allemands, Jens Spahn, a démissionné samedi après des attaques au sein de son propre camp pour avoir eu avec son mari un enfant via la gestation pour autrui (GPA) aux Etats-Unis. Cette pratique est interdite en Allemagne, a appris l'AFP de sources au sein du parti.
Président du groupe parlementaire CDU/CSU du chancelier Friedrich Merz, Jens Spahn a adressé une lettre à ses collègues obtenue par l'AFP dans laquelle il écrit: «Ces derniers jours, j'ai compris que mon bonheur personnel, qui consiste à fonder une famille avec mon mari et à devenir père, est incompatible avec ma fonction politique».
La CDU, le parti de Spahn et Merz, s'oppose farouchement à la gestation pour autrui et a récemment voté, lors d'un congrès du parti en février, en faveur du maintien de l'interdiction en vigueur en Allemagne.
Jens Spahn et son mari sont récemment devenus parents grâce à une mère porteuse aux Etats-Unis.
Cette décision, révélée jeudi dans la presse allemande, a immédiatement suscité des critiques au sein de la CDU avec notamment des appels à la démission de Spahn, ainsi que des accusations d'hypocrisie de la part d'autres responsables politiques.
Jens Spahn a tenté de se défendre vendredi lors d'une interview en podcast accordée au quotidien Bild, affirmant qu'il «avait longtemps été en proie à un conflit intérieur, notamment sur la question de la maternité de substitution», avant de finalement décider d'avoir un enfant avec cette méthode.
Interdiction maintenue
Vendredi, Merz a refusé de s'exprimer publiquement sur la décision de Jens Spahn, mais a indiqué que la question serait débattue par le comité exécutif national du parti.
Le chancelier a également déclaré qu'il ne voyait «aucune raison» de modifier la législation allemande sur la gestation pour autrui, ni de revenir sur l'opposition de longue date de la CDU à cette pratique.
Agé de 46 ans, Jens Spahn a été ministre de la Santé pendant la pandémie de Covid-19 dans le gouvernement d'Angela Merkel. Ces dernières années, il s'est imposé comme une figure de proue de l'aile droite de la CDU, prônant notamment une ligne plus dure en matière d'immigration. (tib/ats)
