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En Corse, le retour au calme n'est pas pour tout de suite

Corse: «nous sommes prêts à aller jusqu'à l'autonomie», dit un ministre

A demonstrator waves the flag of Corsica as they march with others in Paris on Saturday, Aug. 14, 2021. Protesters are rallying in Paris and other parts of France as they continue to show their opposi ...
Rassemblements et violences se multiplient depuis l'agression du militant indépendantiste Yvan Colonna.Image: sda
Le ministre de l'Intérieur français Gérald Darmanin se rend en Corse, après deux semaines de tensions autour de l'agression d'Yvan Colonna.
16.03.2022, 05:1616.03.2022, 07:58

Rassemblements et violences s'y multiplient depuis l'agression le 2 mars en prison du militant indépendantiste Yvan Colonna, condamné à la perpétuité pour l'assassinat en 1998 du préfet de Corse Claude Erignac. L'indépendantiste est dans le coma.

«Nous sommes prêts à aller jusqu'à l'autonomie» pour la Corse, a assuré mardi soir le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin au quotidien régional Corse-Martin. Il entamera mercredi une visite de deux jours dans l'île méditerranéenne après deux semaines de tensions.

Mais le préalable à une discussion entre les élus corses et le gouvernement autour de l'avenir de la Corse est le retour au calme, a insisté le ministre, selon un extrait d'un entretien avec le journal publié sur le site internet de celui-ci. «Il ne peut pas y avoir de dialogue sincère en démocratie sous la pression des bombes agricoles et la présence, ou l'omniprésence, des forces de l'ordre»:

«Nous sommes prêts à aller jusqu'à l'autonomie. Après, la question est de savoir ce qu'est cette autonomie. Il faut qu'on en discute. Cette question institutionnelle sera logiquement engagée pendant le second mandat du président Macron, s'il devait être réélu lors de la présidentielle (10 et 24 avril prochains).»
Gérald Darmanin, ministre de l'intérieur

Dans cet entretien, Gérald Darmanin reconnaît également une part de «responsabilité» de l'Etat dans l'agression d'Yvan Colonna à la maison centrale d'Arles (sud): «Il y a une responsabilité de l'Etat en tant que protecteur des personnes qui sont sous sa responsabilité, en l'occurrence des prisonniers», dit-il, en s'engageant à faire «la vérité sur ce qui est arrivé».

Etat «gravissime»

Yvan Colonna, agressé par un codétenu emprisonné pour terrorisme, se trouvait toujours mardi dans un état «gravissime», selon son avocat Patrice Spinosi. Ses conseils avaient annoncé lundi leur décision de demander une suspension de peine pour le berger corse, toujours entre la vie et la mort.

En fin de semaine dernière, le Premier ministre français Jean Castex avait tenté d'apaiser la situation en annonçant la levée du statut de «détenu particulièrement signalé» (DPS) de Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, deux autres membres du «commando Erignac» encore détenus en France. Ce statut empêchait leur rapprochement vers une prison corse.

Mais dimanche, une manifestation à Bastia en soutien à Yvan Colonna a viré à «l'émeute», a décrit le procureur de cette ville du nord de la Corse, avec un bilan final de 67 blessés dont 44 membres des forces de l'ordre. Il s'agissait de la plus importante manifestation depuis l'agression d'Yvan Colonna, rassemblant 7000 personnes selon les autorités, 12 000 selon les organisateurs. (ats/jch)

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