L'extrême droite frappe un grand coup en France
L'extrême droite française a frappé un grand coup dimanche aux élections sénatoriales, en obtenant 14 sièges à la chambre haute et en quadruplant son nombre de sénateurs. Elle signe ainsi un succès significatif à moins de sept mois de la présidentielle.
Le Rassemblement national (RN), le parti de Marine Le Pen qui comptait déjà trois sénateurs, enregistre neuf nouveaux élus et ses alliés de l'Union des droites pour la République (UDR) deux, lors de ce scrutin qui renouvelait un peu plus de la moitié des 348 sièges de cette assemblée.
«Pour la première fois de son histoire, le Rassemblement National va constituer, avec ses alliés (...) un groupe au Sénat», a écrit le président du parti Jordan Bardella sur X. «C'est une victoire historique et une étape majeure qui est franchie», s'est félicitée sur le même réseau social Marine Le Pen, grande favorite des intentions de vote au premier tour de la présidentielle prévu le 18 avril prochain. Elle a salué une «percée générale» qui confirme «l'accélération de l'implantation du Rassemblement national sur tout le territoire».
Le RN était déjà devenu le premier parti en nombre de députés à l'Assemblée nationale lors des élections législatives de 2024, avec 119 élus (et trois apparentés). La marche est symbolique, mais pas seulement: avec plus de dix élus au Sénat, le RN pourra constituer un groupe parlementaire synonyme de temps de parole accru, de moyens supplémentaires et de relais précieux pour la candidature de Marine Le Pen à l'Elysée.
LFI obtient un premier siège
Même s'il passe au second plan dans l'ombre de la bataille de 2027, ce scrutin indirect, reflet des élections municipales de mars dernier, sera analysé avec soin par les états-majors des partis, à moins de sept mois de la présidentielle.
Deux constats s'imposent notamment: l'implantation locale du RN est en nette progression, à l'image de scores parfois quintuplés par rapport au dernier scrutin en 2020; et celle du parti de la gauche radicale La France insoumise (LFI) reste dérisoire pour le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, autre candidat à la présidentielle bien placé dans les sondages – qui obtient toutefois un siège pour la première fois.
Malgré une érosion, la mainmise sur le Sénat du parti de droite Les Républicains, dont le candidat Bruno Retailleau a été réélu, et de ses alliés centristes n'est pas bouleversée par ce scrutin. (jzs/ats/afp)
