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Le Burkina Faso rompt avec la France

Le Burkina Faso rompt avec la France

La junte au pouvoir à Ouagadougou a annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec Paris, accusé d’agir contre ses intérêts. La France dénonce une décision «hostile et sans fondement».
27.06.2026, 10:1027.06.2026, 11:13
Supporters of Capt. Ibrahim Traore protest against France and the West African regional bloc known as ECOWAS in the streets of Ouagadougou, Burkina Faso, Tuesday, Oct. 4, 2022. A meeting of West Afric ...
La France dénonce une décision «hostile et sans fondement».Image: AP

Après plusieurs années de relations glaciales, le régime militaire du Burkina Faso a annoncé vendredi «rompre» ses relations diplomatiques avec la France. Il accuse l'ancienne puissance coloniale d'«activisme incessant» contre ses intérêts.

Les relations entre Paris et Ouagadougou se sont dégradées depuis l'arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré par un coup d'Etat en septembre 2022. Le régime militaire mène une politique souverainiste, répressive envers toute voix critique et hostile aux Occidentaux, en particulier à la France.

«Le gouvernement du Burkina Faso porte à la connaissance de l'opinion nationale et internationale qu'il a pris la décision de rompre ses relations diplomatiques avec la République française à compter de ce 26 juin 2026.»

La junte dénonce «un activisme incessant du régime en place en France contre les intérêts du Burkina Faso, des ambitions néocoloniales affichées avec le soutien actif à des réseaux subversifs et aux terroristes qui endeuillent [le] pays et le Sahel».

«Dérive préoccupante»

Paris a dit «regretter» la décision «hostile et sans fondement» du pouvoir militaire. Cette décision «illustre la dérive préoccupante des autorités burkinabaises», a ajouté le ministère français des affaires étrangères, ajoutant que les «mesures de réciprocité qui s'imposent sont en cours d'examen».

Pays sahélien enclavé, le Burkina Faso, comme plusieurs de ses voisins, est miné depuis une décennie par des violences islamistes meurtrières de groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l'Etat islamique (EI).

Selon le communiqué de la junte, cette décision «vise exclusivement le cadre institutionnel des relations entre les deux Etats au plan diplomatique». Elle «ne remet nullement en cause les liens historiques, humains, culturels et sociaux qui unissent les peuples burkinabè et français», souligne le gouvernement.

Il affirme par ailleurs «son engagement à assurer la protection des ressortissants», soit plusieurs milliers de personnes en France.

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger, tous dirigés par des juntes issues de coups d'Etat, hostiles à Paris, ont également pris de la distance avec certains de leurs voisins ouest-africains, en quittant la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), qu'ils estiment inféodée à la France. Ils se sont unis en créant la confédération de l'alliance des Etats du Sahel (AES).

En parallèle, le Burkina Faso, comme ses deux alliés sahéliens, s'est tourné vers de nouveaux partenaires, surtout militaires, comme la Russie, la Turquie et l'Iran. (dal/ats/afp)

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