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Plus de 1800 civils ont été tués au Burkina Faso depuis 2023

Le capitaine Ibrahim Traoré dirige la junte burkinabaise depuis 2022.
Le capitaine Ibrahim Traoré dirige la junte burkinabaise depuis 2022.Keystone

Plus de 1800 civils ont été tués au Burkina Faso depuis 2023

L'armée du Burkina Faso et d'autres factions armées ont commis «des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité», indique l'ONG Human Rights Watch dans un rapport. Plus de 1800 civils auraient été tués dans le pays depuis 2023.
02.04.2026, 07:0402.04.2026, 07:04

L'armée burkinabaise, ses supplétifs civils ainsi que la branche sahélienne d'Al-Qaïda (JNIM) ont tué plus de 1800 civils depuis 2023. Il s'agit de «crimes de guerre et des crimes contre l'humanité», indique l'ONG de défense des droits fondamentaux Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié jeudi.

La junte burkinabaise, dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré depuis un coup d'Etat en septembre 2022, n'arrive pas à endiguer les violences de groupes islamistes affiliés à Al-Qaïda et à l'Etat islamique, qui ont fait des milliers de morts depuis une décennie.

Le régime militaire s'appuie sur les volontaires pour la défense de la patrie (VDP), des civils recrutés pour aider les forces de défense et de sécurité dans la lutte antidjihadiste.

L'armée burkinabaise, les VDP et JNIM, affilié à Al-Qaïda, ont tué «au moins 1837 civils dans onze régions du pays entre janvier 2023 et août 2025», lors de «57 incidents», a documenté HRW dans son rapport.

L'ONG attribue à l'armée burkinabaise et les VDP 1255 civils tués, dont 193 enfants, entre janvier 2023 et avril 2025 et impute au JNIM la mort de 582 civils, dont 15 enfants, entre janvier 2023 et août 2025.

«Pénalement responsables»

HRW estime que le capitaine Ibrahim Traoré et six hauts responsables burkinabais, ainsi que Iyad Ag Ghaly et quatre chefs du groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) pourraient être pénalement responsables de graves exactions et devraient faire l'objet d'enquêtes, au titre de la responsabilité de commandement.

«Les exactions commises par les forces gouvernementales, y compris les VDP et par le JNIM constituent des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité», précise HRW, appelant la Cour pénale internationale à ouvrir un examen préliminaire sur la «situation au Burkina» Faso.

L'ONG dit s'être appuyée sur des sources ouvertes et avoir interrogé plus de 450 personnes au Burkina Faso, au Bénin, en Côte d'Ivoire, au Ghana et au Mali afin de documenter ces «exactions».

Dans l'une des attaques les plus meurtrières, l'armée burkinabaise et des VDP «ont tué plus de 400 civils en décembre 2023 dans une quinzaine de villages près de la ville septentrionale de Djibo», relève HRW. (ats)

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