Voici l'attirail déployé par Macron pour séduire Trump
Quoi de mieux que Versailles pour éblouir Donald Trump? Emmanuel Macron, satisfait de son G7 à Evian, l’a reçu mercredi soir pour un dîner sous les ors du château, point final fastueux d’un déplacement au cours duquel le président américain s’est montré particulièrement accommodant. Parti d’Evian en début de soirée, Donald Trump a été accueilli dans la cour du château à la lumière du soleil couchant par Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron, qu’il a embrassée sur la joue.
Si le château de Versailles a été choisi pour ce dîner marquant les 250 ans de l’indépendance américaine, c’est parce qu’il constitue un «haut lieu de l’amitié» entre la France et les Etats-Unis, souligne l’Elysée. Mais Versailles, c’est aussi un décor à la mesure des goûts du président américain. Le locataire de la Maison-Blanche, connu pour son attrait pour le luxe et les dorures, a lui-même reconnu que le lieu était «du lourd».
Pour lui faire découvrir toute la richesse du palais, Emmanuel Macron avait préparé une visite privée comprenant la Galerie des Glaces, une galerie consacrée à la guerre d’indépendance américaine ainsi qu’un concert dans la chapelle royale. La visite a notamment été interrompue par un entretien téléphonique avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, organisé à l’initiative d’Emmanuel Macron, selon l’Elysée.
Donald Trump a également signé à Versailles l’accord conclu avec l’Iran visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, une information qu’il a ensuite lui-même confirmée devant la presse. Les deux chefs d’Etat ont ensuite pris place dans la Galerie basse pour le dîner.
Selon la Maison-Blanche, le menu comprenait des asperges accompagnées de homard et de caviar, une volaille à la truffe servie avec des pommes de terre, puis une tarte au chocolat en dessert. Une trentaine d’invités ont participé à la soirée, parmi lesquels plusieurs membres des gouvernements français et américain ainsi que des figures du monde économique, dont Bernard Arnault, Patrick Pouyanné et Rodolphe Saadé.
Vers 1 heure du matin, soit près de trois heures après son arrivée, Donald Trump a quitté Versailles. Raccompagné jusqu’à sa voiture par Emmanuel et Brigitte Macron, il leur a fait ses adieux avant de prendre la direction de l’aéroport pour regagner les Etats-Unis.
«Pas un dîner de gala»
Emmanuel Macron savoure la bonne entente affichée ces derniers jours avec l’imprévisible président américain, en qui il assure avoir «toujours eu confiance». Le chef de l’Etat français tente toutefois de trouver un équilibre délicat:mettre les petits plats dans les grands sans donner l’impression de céder à la complaisance. Ses adversaires politiques lui reprochent déjà d’avoir organisé une réception «en grande pompe» pour flatter le milliardaire républicain.
Le candidat de La France insoumise à l’élection présidentielle de 2027, Jean-Luc Mélenchon, a ainsi dénoncé l’événement, estimant qu’«il faut définitivement apprendre à vivre sans Trump». «Ce n’est pas un dîner de gala», avait pourtant répondu Emmanuel Macron dès lundi. L’enjeu était aussi diplomatique. Il fallait s’assurer que Donald Trump, peu friand des grandes réunions multilatérales et qui avait quitté prématurément le G7 canadien l’an dernier, reste cette fois jusqu’à la fin du sommet d’Evian.
Le président français assure par ailleurs n’avoir jamais été «ambigu ou faible» face à son homologue américain. Les relations entre les deux hommes ont pourtant connu plusieurs périodes de tensions au cours de la dernière décennie. Donald Trump n’a pas hésité à railler à plusieurs reprises le président français, notamment en le présentant comme un dirigeant en fin de mandat.
Il s’était même permis des remarques sur la vie conjugale du couple Macron. Peu avant son arrivée à Evian, le président américain avait également menacé d’imposer des droits de douane de 100% sur les vins français si Paris maintenait sa taxe visant les géants de la technologie. Finalement, le sujet n’a pas refait surface durant le sommet.
Les Européens semblent même relativement satisfaits des échanges avec Donald Trump, en particulier sur le dossier ukrainien. Au moment de dresser le bilan du G7, qu’il a qualifié d’«extrêmement réussi», le président américain a multiplié les compliments à l’égard de son homologue, présenté comme un «ami spécial» et un «homme très gentil».
Il a également salué Brigitte Macron, qu’il a décrite comme «une personne fantastique». Pour Emmanuel Macron, c’est précisément l’un des intérêts de ces grands rendez-vous diplomatiques: offrir un espace de dialogue permettant d’atténuer les tensions et de sortir du «clash constant» entretenu sur les réseaux sociaux.
