Le maire de Saint-Denis annonce une plainte pour propos racistes
Le maire d'une grande ville limitrophe de Paris, élu haut-la-main lors des élections municipales le 15 mars, va porter plainte contre des propos tenus sur la chaîne CNews du milliardaire ultraconservateur Vincent Bolloré. Ces derniers sont jugés racistes par plusieurs responsables politiques de gauche.
La séquence s'est déroulée vendredi sur la chaîne, lors d'un débat portant sur les premiers jours du mandat de Bally Bagayoko, maire LFI (La France Insoumise, gauche radicale) de Saint-Denis, ville de 150'000 habitants située au nord de Paris à forte présence de populations issues de l'immigration.
L'édile, né en région parisienne de parents maliens, y était accusé de vouloir se débarrasser d'agents territoriaux qui ne seraient pas en phase avec son action: le présentateur demande alors à un psychologue invité en plateau si le maire «essaye de pousser les limites».
Un racisme «crasse et décomplexé», a dénoncé la cheffe des députés LFI Mathilde Panot, y voyant une comparaison entre le maire et «un singe et un 'chef de tribu'». Un sénateur communiste a qualifié la chaîne de «cloaque raciste» quand une députée écologiste l'a surnommée «poubelle-news». Le dirigeant de l'association SOS Racisme a lui aussi fustigé une:
Plusieurs élus ont annoncé saisir l'Arcom, autorité indépendante régulant l'audiovisuel en France.
La direction de CNews, première en part d'audience parmi les chaînes d'information (3% du total), a estimé auprès de l'AFP que les propos avaient été:
Une deuxième polémique a suivi samedi après des déclarations de l'essayiste, Michel Onfray, qui a prêté à M. Bagayoko une attitude de «mâle dominant» pour avoir appelé à faire «allégeance» après son élection.
«Ca, c'est très tribal. On fait l'allégeance au mâle dominant», a déclaré l'essayiste.
Ces mots ont entrainé de nouvelles condamnations du côté de LFI et du parti socialiste.
CNews a affirmé que les phrases avaient été «sorties de leur contexte», quand son auteur a parlé d'un:
CNews est régulièrement épinglée par l'Arcom: elle a par exemple écopé en février de deux amendes totalisant 100'000 euros pour deux séquences diffusées à l'été 2025, pouvant inciter selon l'autorité à la discrimination des musulmans et des Algériens. (dal/ats/afp)
