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BoJo s'est excusé devant le Parlement (mais ce n'est pas la fin de ses ennuis)

Le Premier ministre britannique Boris Johnson avant sa déclaration devant le Parlement, le 19 avril 2022.
Le Premier ministre britannique Boris Johnson avant sa déclaration devant le Parlement, le 19 avril 2022.Image: sda
Après s'être vu infliger une amende pour avoir enfreint les restrictions anti-Covid, BoJo a fait son mea culpa devant le Parlement mardi et s'est excusé «sans réserve».
19.04.2022, 19:5920.04.2022, 06:22

Toutefois, aussi sincères qu'elles soient, les excuses du Premier ministre britannique Boris Johnson ont échoué à convaincre l'opposition - laquelle a, une fois encore, demandé sa démission.

Une erreur assumée... plus ou moins

Le dirigeant conservateur s'adressait aux députés pour la première fois depuis qu'il a dû payer une amende de 50 livres sterling (un peu plus de 60 francs), il y a une semaine, pour avoir participé à cet anniversaire surprise pour ses 56 ans le 19 juin 2020. Un événement de «moins de 10 minutes», selon lui, qui a également valu à son épouse Carrie et son ministre des Finances Rishi Sunak d'être sanctionnés.

Il faut dire que Boris Johnson est le premier chef de gouvernement britannique en exercice sanctionné pour avoir enfreint la loi. D'ailleurs, il risque d'autres amendes dans le cadre de l'enquête sur le «partygate».

Johnson a affirmé qu'il ne lui «était pas venu à l'esprit, à l'époque, ni par la suite», que sa participation à un bref rassemblement pour son anniversaire en juin 2020 à Downing Street «pouvait constituer une violation des règles», alors en vigueur. «C'était mon erreur et je m'en excuse sans réserve.»

«Je respecte les conclusions de l'enquête de police, qui est toujours en cours», a ajouté le Premier ministre.

Il a toutefois tenté de minimiser mardi l'importance de ce scandale qui exaspère hautement les Britanniques. Sa stratégie: passer rapidement à un autre sujet... à savoir l'invasion en Ukraine. «Je sais que de nombreuses personnes sont en colère et déçues, et je ressens une obligation encore plus importante de respecter les priorités des Britanniques et de répondre à l'attaque barbare du (président russe Vladimir) Poutine contre l'Ukraine», a-t-il affirmé.

A voir si le stratagème opère...

Un temps sur un siège éjectable, BoJo a retrouvé un second souffle en mettant en avant son rôle en première ligne des sanctions occidentales contre la Russie, après l'invasion de l'Ukraine.

Nombre de députés qui avaient demandé son départ jugent désormais peu opportun de le chasser de Downing Street dans ce contexte.

Cela ne l'empêche toutefois pas d'être la cible de vivres critiques. Par exemple, le chef de l'opposition travailliste Keir Starmer a estimé mardi que le leader conservateur était «malhonnête et incapable de changer». Monsieur Johnson est «un homme sans honte», a-t-il asséné, pressant les conservateurs de se débarrasser de leur chef pour restaurer «décence, honnêteté et intégrité» à la politique britannique.

Le chef du gouvernement a aussi essuyé des critiques acerbes au sein de son propre camp, le député conservateur Mark Harper estimant qu'il n'était plus «digne» d'être Premier ministre.

Ce n'est que le début des problèmes...

Bref, le feuilleton semble loin d'être terminé. La police de Londres, qui a déjà distribué 50 amendes, poursuit ses investigations, et les députés britanniques débattront jeudi pour savoir si Boris Johnson a sciemment trompé le Parlement - synonyme de démission selon le code de conduite ministériel - en répétant que toutes les règles avaient été respectées.

Selon la presse, Johnson risque de nouvelles amendes, pour au moins cinq autres événements festifs.

Le Premier ministre devra en outre faire face, à une date encore inconnue, aux conclusions de la haute fonctionnaire Sue Gray, qui a déjà étrillé dans un pré-rapport des «erreurs de leadership et de jugement». Il doit aussi affronter le verdict des urnes lors d'élections locales le 5 mai.

C'est sans compter de nouvelles révélations dans le Sunday Times, qui ont décrit le Premier ministre se servant à boire et faisant un discours pour le départ de son chef de la communication le 13 novembre 2020. Downing Street a tenu à démentir ces détails.

En tout cas, tout cela n'est pas sans conséquence sur l'opinion publique britannique: selon une étude publiée lundi, 72% des sondés ont une appréciation négative du Premier ministre, le terme revenant le plus souvent étant celui de «menteur». «La fureur n'a pas reculé», a tweeté le sondeur James Johnson, qui a réalisé l'étude. «Beaucoup de commentaires négatifs sont le fait de gens qui l'aimaient bien précédemment, mais qui ont changé d'avis.»

(mbr/ats)

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