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Guerre: l'Ukraine aurait repris 200km2 dans la région de Donetsk

L'Ukraine inflige un important revers à la Russie en toute discrétion

Alors que le front semblait figé, l’Ukraine aurait repris jusqu’à 250 km² aux Russes près de Lyman grâce à une opération menée très discrètement.
Les troupes ukrainiennes de Zelensky seraient parvenues à reprendre du territoire aux soldats de Poutine.Image: montage watson
Alors que la situation semblait globalement figée sur le front ukrainien, Kiev aurait remporté un important succès en toute discrétion dans la région de Donetsk.
15.09.2026, 05:2915.09.2026, 05:29
Simon Cleven / t-online

Depuis plusieurs mois, le front terrestre en Ukraine est considéré comme figé. Les lignes bougeant à peine et les observateurs militaires décrivent la situation actuelle comme une impasse. Cependant, sous le couvert du fameux «brouillard de guerre», il se passe peut-être davantage de choses sur le front que les deux belligérants ne veulent l’admettre publiquement.

Selon plusieurs informations concordantes, les forces armées ukrainiennes sont parvenues à repousser l’avancée russe au nord de la ville de Lyman, dans la région de Donetsk. Les troupes de Kiev auraient repris entre 150 et quelque 250 kilomètres carrés de territoire, ainsi qu’une dizaine de villages.

Selon plusieurs informations concordantes, les forces armées ukrainiennes sont parvenues à repousser l’avancée russe au nord de la ville de Lyman, dans la région de Donetsk.
Image: t-online

Des observateurs militaires réputés, comme le groupe de réflexion américain Institute for the Study of War (ISW), confirment ces gains et même des analystes russes reconnaissent désormais cette défaite. Kiev ne s’est toutefois pas encore exprimé à ce sujet.

Si ces informations se confirment, il s’agirait déjà de la deuxième contre-offensive aussi discrète que fructueuse de l’année pour l'Ukraine, puisqu'une autre menée dans le sud du pays avait déjà été révélée en août. L’Ukraine avait repris 745 kilomètres carrés aux Russes et les avait repoussés hors de la région de Dnipropetrovsk. Le commandement militaire ne s’était exprimé sur ce succès que plusieurs mois plus tard.

Une progression par étapes

Le fait que les troupes russes doivent désormais se replier au nord de Lyman constitue un succès stratégique pour l’Ukraine. Selon l’analyse de l’ISW, l’armée ukrainienne a ainsi contrecarré le projet des assaillants russes d’encercler la ceinture fortifiée ukrainienne dans le Donbass. L’avancée russe près de Lyman menaçait par le nord les villes de Sloviansk et de Kramatorsk, qui constituent les deux pièces maîtresses de cette ceinture fortifiée.

Contrairement à la contre-offensive ukrainienne menée dans la région de Kharkiv en septembre 2022, l’avancée n'est pas la conséquence d'une percée rapide. Les unités ukrainiennes ont progressé par étapes pendant plusieurs mois. Des drones ont d’abord longuement surveillé les positions russes. D’autres appareils ont attaqué l’artillerie, les voies de ravitaillement et les moyens de communication. Les fantassins ukrainiens n’ont avancé qu’une fois certaines positions affaiblies et en grande partie isolées.

Un secret très bien gardé

Il est remarquable que l’Ukraine soit parvenue à préserver aussi longtemps le secret autour de cette opération. Les premières attaques auraient commencé le 22 mai. L’ampleur de l’avancée n’est toutefois devenue publiquement visible qu’au début du mois de septembre. Pendant les combats, les troupes ukrainiennes n’ont pratiquement publié aucune image. Plusieurs analystes occidentaux et ukrainiens ont également renoncé à documenter publiquement les gains territoriaux dont ils avaient connaissance.

Emil Kastehelmi, analyste militaire finlandais du «Black Bird Group», a décrit cette attaque dans le quotidien britannique The Telegraph comme étant peut-être «l’offensive la plus importante de l’année». L’opération ne modifiera certes pas fondamentalement la guerre, mais elle pourrait retarder l’avancée russe contre les positions défensives ukrainiennes dans le Donbass.

La hiérarchie russe aurait été trompée

Le silence informationnel pourrait par ailleurs avoir contribué à ce que le commandement russe sous-estime longtemps l’ampleur de l’offensive ukrainienne. Au début du mois de septembre, Vladimir Poutine affirmait encore que les troupes russes avaient pris la ville de Sviatohirsk. Quelques jours plus tard, le commandant ukrainien Andriï Biletskyi a toutefois publié une vidéo le montrant dans cette ville toujours contrôlée par l’Ukraine. Il y a déclaré:

«Il n’y a aucun soldat russe ici»

Des blogueurs militaires russes proches du Kremlin ont ensuite critiqué les comptes-rendus mensongers circulant au sein de l’armée russe. L’influent canal Telegram Rybar a estimé que les «mensonges systématiques dans les rapports transmis aux supérieurs» étaient en partie responsables des difficultés rencontrées sur le front.

Le récit du Kremlin mis à mal

L’opération menée près de Lyman reste toutefois une avancée limitée, préparée pendant plusieurs mois. Rien n’indique pour l’instant que de grandes unités russes se soient effondrées ou aient abandonné d’importantes quantités d’armes. Cette évolution reste néanmoins significative sur le plan militaire.

En quelques semaines, l’armée ukrainienne est en effet parvenue à annuler partiellement les gains territoriaux obtenus par la Russie au terme de plus d’une année de combats. Si elle voulait reprendre les positions perdues, la Russie devrait attaquer à nouveau une grande partie de cette zone. Cette avancée contredit également le récit du Kremlin selon lequel les gains territoriaux russes seraient inévitables à long terme. L’ISW y voit la preuve que l’Ukraine reste capable de reprendre l’initiative, au moins à l’échelle régionale.

Les combats se poursuivent toutefois autour de Lyman. Selon des observateurs ukrainiens et occidentaux, des unités russes occupent encore plusieurs positions isolées. Il reste donc à déterminer si l’Ukraine pourra continuer à étendre ses gains territoriaux. (trad. btr)

Un article de
t-online
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source: fsd
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