Ce ministre de l'UE reçoit des ordres directement du Kremlin: une fuite le prouve
Sergueï Lavrov n'est pas du genre à tourner autour du pot. Le ministre russe des Affaires étrangères a appelé son homologue hongrois Peter Szijjarto lors d’un entretien téléphonique de fin août 2024.
Dès lors, tout est clair. La semaine suivante une demande sera déposée à Bruxelles pour retirer la sœur de l’oligarque russe et proche de Vladimir Poutine, Alisher Ousmanov, de la liste des sanctions. Les efforts de la Hongrie pour une «égalité de traitement dans tous les domaines» sont très appréciés, ajoute le Russe. Et Szijjarto de répondre:
Révélation d'une plate-forme d'investigation
Le ministre des Affaires étrangères d’un pays membre de l’UE, la Hongrie, se laisse donner des instructions directes par la Russie pour contourner les sanctions que l’Union européenne a précisément imposées à ce même pays. Et cela apparemment avec succès: sept mois plus tard, Mme Ismailova a effectivement été retirée de la liste des sanctions.
La conversation téléphonique a été révélée par la plateforme d’investigation d’Europe centrale «VSquare». Les journalistes ont mis en ligne l’enregistrement d’une minute et demie mardi et il est désormais accessible à tous. Ils ne précisent pas l’origine des enregistrements.
Orban en campagne
Que le gouvernement pro-russe de Viktor Orban se coordonne directement avec Moscou ne surprend plus. Mais dans le contexte de la campagne électorale hongroise, de plus en plus de détails émergent.
Presque chaque jour apporte de nouvelles révélations. Il y a quelques jours, plusieurs médias rapportaient que Peter Szijjarto, lors de réunions de l’UE à Bruxelles, avait même transmis à Lavrov des mises à jour en direct des discussions tenues à huis clos pendant les pauses. L’enregistrement sonore fournit désormais pour la première fois une preuve concrète et sans ambiguïté de cette étroite coopération.
Et que dit Peter Szijjarto lui-même à propos de ces révélations? Que ce n'est rien de bien grave, en substance. Il affirme n’avoir rien dit qu’il ne dise pas aussi publiquement, à savoir que les sanctions sont «une énorme erreur».
La seule chose que prouve l’enregistrement, indique-t-il, c’est l’existence d’une «ingérence sans scrupules des services de renseignement étrangers», notamment ukrainiens, en collaboration avec certains journalistes hongrois, dans la campagne électorale du pays.
