Les soldats russes utilisent une arme mystérieuse
Un système de missiles portatif jusqu'ici inconnu est apparu en Russie. Des images télévisées montrent des soldats avec l'arme sur l'épaule lors d'un exercice dans la région de Rostov (sud), limitrophe de l'Ukraine. D'après le portail spécialisé The War Zone (TWZ), les soldats appartiennent à un groupe mobile de défense antiaérienne de la 51e division de défense aérienne russe.
Dans le reportage, les soldats russes désignent le système sous le nom d'«Iva». Aucun système antiaérien portatif russe n'est officiellement connu à ce jour sous cette appellation. Par son apparence aussi, l'arme se distingue nettement des systèmes couramment utilisés jusqu'ici en Russie, comme ceux des familles Igla et Verba.
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Le système russe Verba est en service depuis 2014, mais le nom du nouveau pourrait néanmoins y faire allusion: «Iva» signifie saule en russe, et «Verba» désigne lui aussi une espèce de saule. On ignore si cette désignation est officielle ou si elle est simplement employée par l'unité filmée.
Une piste qui mène en Chine et en Iran
Ce sont surtout certains détails du nouveau lanceur qui attirent l'attention. Une analyse de TWZ conclut que des éléments de l'arme présentent des similitudes avec le Misagh-3 iranien ainsi qu'avec plusieurs systèmes chinois de la série QW.
Tous sont des systèmes antiaériens portables à l'épaule. Un élément en forme de boîte situé à l'avant de la nouvelle arme ressemble ainsi en particulier aux modèles chinois QW-18, QW-18A et QW-19.
Les images ne permettent toutefois pas d'établir une attribution claire. Il n'existe que peu d'images publiquement disponibles des variantes iraniennes plus récentes de ces dispositifs. A cela s'ajoute le fait que les systèmes iraniens et chinois se ressemblent fortement. La raison en est que, depuis les années 1990, l'Iran a repris la technologie antiaérienne chinoise et en a développé ses propres variantes.
Les images d'«Iva» 👇
L'organisation de recherche genevoise Small Arms Survey écrit, par exemple, que l'Iran a d'abord importé des systèmes chinois QW avant de fabriquer ses propres versions, les Misagh.
De nombreuses hypothèses sont donc envisageables; «Iva» pourrait, par exemple, être une arme importée directement ou un développement iranien de technologie chinoise. Il est aussi concevable que la Russie ait fabriqué sa propre variante d'un modèle étranger. On ne peut même pas exclure, à ce stade, l'hypothèse d'un système capturé. Il n'existe aucun indice solide sur le fabricant ou sur la voie d'acheminement de l'arme.
Les images d'«Iva» 👇
ruSSian's have developed a new “Iva” MANPADS. In the footage, it is in service with one of the mobile fire groups of the 51st Air Defense Division in Rostov Oblast.
— 𝔗𝔥𝔢 𝕯𝔢𝔞𝔡 𝕯𝔦𝔰𝔱𝔯𝔦𝔠𝔱 🦩🇬🇪🇺🇦🇺🇲🇬🇷 (@TheDeadDistrict) September 28, 2026
Although, no—it is most likely the Iranian Misagh-2 MANPADS.
Imagine, they don't even have enough production… pic.twitter.com/aYrOtSmG6h
Un contrat d'armement sous les projecteurs
La découverte est aussi intéressante en raison d'un contrat d'armement entre l'Iran et la Chine: l'agence de presse Reuters a rapporté, fin juillet, en s'appuyant sur plusieurs sources, que Téhéran souhaitait acheter entre 300 et 400 systèmes antiaériens portatifs chinois.
Les types QW-12 et FN-16 ont été cités. Le volume du contrat a été chiffré à 60 à 70 millions de dollars, soit environ 50 à 58 millions de francs. La Chine a toutefois qualifié ces informations d'infondées.
D'après Reuters, d'autres contrats potentiels portant sur différents types QW étaient en outre en discussion. Les QW-18 et QW-19 font justement partie des systèmes auxquels l'arme apparue en Russie ressemble extérieurement. Rien ne prouve toutefois que l'arme «Iva» provienne de l'un de ces contrats ou soit parvenue en Russie via l'Iran.
Une chose est toutefois incontestable: la Russie et l'Iran collaborent plus étroitement sur le plan militaire depuis le début de la guerre contre l'Ukraine. La Russie utilise en grand nombre des drones d'attaque de conception iranienne et produit désormais elle-même des variantes des drones Shahed, les Geran. Moscou et Téhéran ont en outre conclu, début 2025, un traité de partenariat stratégique global, qui concerne aussi la coopération militaro-technique.
Un potentiel moyen de contrer les drones
Pour la Russie, des systèmes antiaériens portatifs supplémentaires seraient particulièrement utiles. Les drones ukrainiens frappent régulièrement des cibles situées loin à l'intérieur du territoire russe. Rien que le 25 septembre, les autorités russes ont signalé des attaques contre plusieurs régions et installations industrielles.
L'avantage des systèmes antiaériens portatifs comme «Iva», appelés Manpads3, réside dans le fait que de petits groupes de soldats peuvent les déployer et les déplacer rapidement. Contrairement aux systèmes plus grands, ils se passent d'équipements radar ou de véhicules coûteux. Ils conviennent par exemple, à la protection d'installations militaires et d'autres infrastructures importantes contre des cibles volant à basse altitude.
On ignore si la Russie possède plusieurs systèmes «Iva» ou si elle n'en teste que quelques exemplaires. Si les images devaient se multiplier à l'avenir, tout laisse penser que la Russie a effectivement enrichi son arsenal d'un nouveau type d'arme antiaérienne. (trad. ysc)

