«La Russie semble prête à faire des victimes civiles» en Europe
Que savent les services de renseignement européens? La question se pose au vu d'une série de mises en garde inhabituellement claires, formulées presque simultanément ces derniers jours par les chefs d'Etat européens. Dans plusieurs pays de l'Union européenne, des séances extraordinaires et des conférences de presse se sont tenues à la fin de la semaine dernière, au cours desquelles ont été émis des avertissements concernant une escalade de la guerre en Ukraine par la Russie.
C'est le chef du gouvernement polonais Donald Tusk qui a ouvert le bal jeudi dernier, en évoquant une nouvelle stratégie de Vladimir Poutine. Il a averti que des troupes russes pourraient prochainement lancer des attaques hybrides «accidentelles» de drones et de missiles contre des pays de l'Otan, afin de tester la capacité de réaction de l'alliance:
Il existerait ainsi un risque réel que des dommages considérables soient causés sur le territoire de l'Otan, notamment au niveau des infrastructures énergétiques. Selon les informations dont il dispose, la fin de l'automne et l'hiver constitueraient donc la phase la plus critique du conflit jusqu'à présent.
L'Europe se prépare à faire face au pire
Le président français, Emmanuel Macron, a lui aussi repris ces informations lorsqu'il a réuni, vendredi dernier, les chefs de tous les partis français lors d'un sommet extraordinaire et confidentiel au palais de l'Elysée. On ignore précisément quelles informations les services de renseignement ont présentées aux responsables politiques. La politicienne écologiste Marine Tondelier a toutefois souligné à l'issue de la séance:
Le sérieux avec lequel les Etats européens prennent cette menace se reflète également dans les préparatifs révélés cette semaine par d'autres pays:
- L'Allemagne a adopté de nouvelles mesures pour protéger ses infrastructures critiques.
- La Lituanie a dévoilé de nouveaux détails sur ses plans d'évacuation de sa capitale Vilnius, prévoyant un itinéraire de fuite vers la Pologne.
- Le président finlandais a, quant à lui, expliqué à ses concitoyens qu'il fallait «se préparer mentalement à ce que quelque chose se produise».
Militaires de l'Otan: «Les soldats et les armes sont prêts»
L'une des raisons possibles de la nervosité des chefs d'Etat réside dans les rumeurs d'une nouvelle mobilisation en Russie après les élections législatives de dimanche. Cependant, les récentes manœuvres militaires du Kremlin sur le flanc oriental de l'Otan pèsent sans doute plus lourd encore.
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En effet, à proximité du corridor stratégique de Suwalki, situé entre la Biélorussie et l'exclave russe de Kaliningrad, un exercice militaire de quatre jours a été mené. De plus, en raison de nouvelles attaques de Moscou contre l'Ukraine à proximité de la frontière de l'Otan, la Pologne a une nouvelle fois fait décoller des avions de chasse et placé sa défense antiaérienne en état d'alerte.
Ces incidents n'ont pas manqué de susciter des réactions au sein de l'Otan, comme l'a souligné le président du comité militaire de l'Alliance, Giuseppe Cavo Dragone, samedi, lors d'un sommet à Copenhague:
Il a ensuite ajouté:
Plus de 4000 pages de plans existeraient, susceptibles d'être mises en œuvre en cas d'attaque russe contre les territoires de l'Otan. (trad. ysc)
