Ce char russe s'est ridiculisé devant Poutine
Cela devait initialement être une démonstration de prestige. Lors de sa manœuvre stratégique intitulée «Zentr-2026», la Russie a présenté son nouveau char de combat télécommandé, le «Shturm», au président Vladimir Poutine. Selon des informations russes, l'opération s'est soldée par un camouflet. Le média spécialisé Defence Blog a été le premier à rapporter l'embarrassante mésaventure.
Sur le terrain d'entraînement de Tchebarkoul, dans la région russe de Tcheliabinsk (située au nord du Kazakhstan), la liaison radio entre le «Shturm», bâti sur un châssis de T-72, et le véhicule de commandement a été coupée à plusieurs reprises, rapportent des sources russes. Pour la démonstration devant Vladimir Poutine, et par crainte d'une défaillance technique, le char n'a donc pas été télécommandé, mais piloté manuellement par un conducteur.
Cette précaution n'aura cependant servi à rien. Une photo de la manœuvre montre le «Shturm» en mauvaise posture, dans un fossé boueux au bord d'un chemin de terre avec ses chenilles et une partie de sa cloison enfoncées dans le sol.
Un pas de plus vers la robotisation du front
Le ministère russe de la défense a indiqué, le 2 octobre, que les nouveaux véhicules de combat sans équipage, basés sur le châssis du T-72B3M, avaient été présentés à Vladimir Poutine dans une version char et dans une version BMPT (réd: un véhicule blindé conçu pour contrer l'infanterie).
Selon Defence Blog, ces modèles auraient appuyé de leur feu les unités d'assaut lors de la phase principale de l'exercice.
Le «Shturm» est développé par le groupe russe spécialisé Uralvagonzavod, et associe des unités de combat télécommandées à un véhicule de commandement habité, lui aussi installé sur un châssis de char. La version principale de l'engin porte un canon de 125 millimètres raccourci pour le combat en ville, ainsi qu'une lame de déblaiement et un blindage supplémentaire contre les armes antichars portées à l'épaule. Le pilotage se fait depuis le véhicule de commandement, qui ne doit pour cela se trouver qu'à quelques kilomètres.
Un expert doute du concept du char
L'expert russe en blindés Andreï Tarassenko pointe, dans une publication sur X, plusieurs faiblesses techniques du «Shturm»: le compartiment moteur et le toit de la tourelle seraient, selon lui, laissés presque sans protection, soit précisément les endroits que les drones attaquent le plus souvent en Ukraine. Il remet aussi en question l'idée de base:
Le problème de liaison radio qu'a connu l'armée russe touche en effet le cœur du système: sans signal stable, le «Shturm» ne peut pas combattre sans équipage, et c'est alors à celui du véhicule de commandement qu'incombe le risque d'opérer à proximité des lignes adverses.
Sur le front ukrainien, les deux camps s'emploient chaque jour à brouiller les drones et les robots terrestres ennemis, qui fonctionnent eux aussi, pour la plupart, avec des liaisons radio. Y maintenir une connexion fiable est donc encore plus difficile que sur un terrain d'entraînement. (trad. ysc)

