Les Péruviens se font aussi piéger par le Kremlin
Pour mener sa guerre en Ukraine, Vladimir Putin a un besoin urgent de renforts humains. Si le ministère russe de la Défense a récemment annoncé avoir incorporé plus de 130 000 nouveaux soldats rien que dans le cadre de la campagne de recrutement d’automne, cela ne suffit pas à maintenir l’effort de guerre en Ukraine au niveau actuel.
En mars, Vladimir Poutine a donc signé un décret prévoyant le recrutement de plus de 400 000 soldats en 2026. Et jusqu’à 20 000 d’entre eux devraient être recrutés à l’étranger. Certains proviennent de différents pays africains, où les conditions de vie sont précaires et d’autres viendraient également d’Amérique du Sud. Toutefois, selon des médias péruviens, ces recrutements ne se feraient pas toujours dans des conditions régulières.
Le gouvernement péruvien a ainsi indiqué que le parquet avait ouvert une enquête afin d’examiner des soupçons de traite d’êtres humains impliquant la Russie. Des plaintes auraient été déposées, selon lesquelles des ressortissants péruviens auraient été recrutés sous de faux prétextes pour participer à la guerre contre l’Ukraine.
De nombreux Péruviens tués, beaucoup d’autres portés disparus
D’après les familles des victimes présumées, leurs proches auraient d’abord reçu des offres d’emploi pour des postes d’agents de sécurité ou d’autres fonctions en Russie. Des rémunérations élevées leur auraient également été promises. Mais une fois arrivés en Russie, ces hommes auraient été contraints de participer à des opérations de combat sur le front en Ukraine.
Selon les médias péruviens, le parquet spécialisé du Pérou pour les affaires de traite d’êtres humains a ouvert une enquête préliminaire. Les faits portent sur des soupçons «d’atteinte présumée à la dignité humaine, notamment sous la forme de traite d’êtres humains et de traite aggravée». Environ 600 hommes auraient déjà répondu à ces fausses offres d’emploi et se seraient rendus en Russie. Treize auraient été tués au front, tandis que 135 sont officiellement portés disparus. Le nombre réel de victimes parmi les Péruviens pourrait toutefois être bien plus élevé, selon des avocats spécialisés en droits humains. (trad. hun)

